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    Accueil » Actu » Le rôle des éditeurs
    Miss Hokusai : la femme au pinceau

    Le rôle des éditeurs

    Par Rédaction Web01/09/2015
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    Parution dans le n°53 (septembre 2015)

    Le talent de Hokusai et de sa fille n’aurait pas atteint une telle réputation sans l’existence des maisons d’édition.

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    Le travail de l’éditeur Tatsuya vu par Katsushika Hokusai en 1802. ©Tokyo Metropolitan Library

    On ne peut pas évoquer l’existence des artistes comme Hokusai sans parler des éditeurs qui ont joué un rôle considérable dans la diffusion de leurs œuvres. Dans Miss Hokusai, il est question à plusieurs reprises de leur relation parfois tendue, car, en tant que commerçant, ils se montrent très exigeants sur la qualité du travail.
    C’est au début de l’époque d’Edo que l’édition a commencé à prendre son envol dans le pays. D’abord à Kyôto où l’on trouvait les lettrés et les religieux, puis progressivement à Edo où s’est développée une culture plus urbaine et plus populaire. Autant les premiers ouvrages édités étaient presque exclusivement composés de textes et réservés à un lectorat peu nombreux. Publiés à Saga, à l’ouest de la capitale impériale, ces livres portaient le nom de Sagabon [Livres de Saga]. Peu d’entre eux contenaient des illustrations, mais devant le succès de ses ouvrages illustrés et la nécessité de conquérir une audience plus large pour de simples raisons économiques, les éditeurs ont entrepris de proposer des livres à l’intérieur desquels l’image était plus présente voire sans texte à l’exception d’une préface. Ce type de livres a pris son envol à partir du début du XVIIIe siècle et n’a cessé de se développer par la suite.
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    O-Ei observant son père Hokusai, dessin original de Sugiura Hinako pour son manga Sarusuberi. ©Hinako Sugiura・MS.HS ©Masaya Suzuki

    Profitant de l’engouement du public, les éditeurs ont mis en place une relation privilégiée avec leurs lecteurs suscitant chez ces derniers une dépendance très lucrative. Au début du printemps, les maisons d’édition avaient pour habitude d’annoncer leurs nouveaux titres afin d’amener les amateurs à se rendre dans les librairies. Ces dernières étaient bien achalandées et recevaient une nombreuse clientèle désireuse de découvrir les dernières nouveautés. Le piratage était aussi fréquent malgré l’existence d’un droit à publier (hankabu) qui leur réservait en principe l’exclusivité. L’existence d’éditions pirates prouve que le livre était un commerce profitable.
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    Tôshisen ehon shichigonritsu illustré par Katsu­shika Hokusai en 1836. ©Tokyo Metropolitan Library

    Le système de distribution des livres s’est aussi rapidement développé grâce à l’amélioration des moyens de communication dans l’archipel sous l’impulsion des autorités shogunales. Outre les colporteurs spécialisés, des librairies se sont ouvertes un peu partout, certaines d’elles pratiquant la location de livres (kashihonya). Ce système, qui a longtemps perduré dans le pays, a permis l’accès à la lecture à un nombre chaque jour plus élevé de Japonais qui n’auraient jamais eu sinon les moyens de se payer des livres.
    Au fil du temps, les artistes du “monde flottant” se sont davantage impliqués dans le travail éditorial compte tenu du succès populaire des ouvrages illustrés. Les éditeurs, quant à eux, ont commencé à prendre l’habitude de publier indépendamment des feuilles simples reprenant le travail de ses artistes grâce à l’amélioration des techniques de reproduction. A Edo où la population dépasse le million d’habitants, la demande est forte. L’édition devient pour les artistes un complément de revenus non négligeable. Les livres contribuent à les rendre célèbres puisque leur nom apparaît désormais, ce qui n’était pas le cas dans les premières années de cette aventure éditoriale. Hokusai et sa fille y ont largement participé leur permettant non seulement de mieux vivre, mais aussi de gagner leurs lettres de noblesse auprès d’un lectorat qui appréciait la qualité de leur travail.
    Odaira Namihei

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