Hokkaidô nous met l’eau à la bouche

Longtemps considérée comme une région extrême, l’île était boudée. Grâce au train, elle est devenue plus accessible.

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Au marché de Hakodate, les crustacés figurent en bonne place sur les étals. Mais Hokkaidô ne se résume pas seulement aux produits de la mer. © Odaira Namihei

A u mois d’avril dernier, les médias japonais ont salué la première édition du guide Michelin pour Hokkaidô. L’île du nord, après Tôkyô et le Kansai, était ainsi reconnue pour la qualité de sa nourriture. Quatre restaurants dont un sushi bar ont ainsi reçu la récompense suprême, trois étoiles, de la référence gastronomique dans le monde. Une satisfaction pour les restaurateurs étoilés, mais pas seulement. Cette reconnaissance contribue aussi à renforcer l’image de Hokkaidô auprès du reste de la population japonaise. Pendant des années, l’île n’avait pas une très bonne réputation. Son climat difficile voire hostile dans certaines parties avec la neige, le vent et le froid glacial n’étaient pas de nature à inciter les habitants du “sud” à s’y rendre. Hokkaidô, c’était aussi, comme en témoigne le musée de la prison d’Abashiri, au nord-est de l’île, un lieu où l’on envoyait les individus les moins recommandables du pays. C’était en quelque sorte l’Australie du Japon, la distance en moins. Pour s’y rendre, ce fut pendant des années un peu compliqué. Il fallait aller jusqu’à Aomori, à la pointe nord de Honshû, la principale île de l’archipel, et emprunter un ferry jusqu’à Hakodate. En 1954, le naufrage du ferry Tôya-maru, qui a coûté la vie à plus de 1100 passagers et membres d’équipage,   a conduit les autorités à imaginer de construire un tunnel pour relier Honshû à Hokkaidô, permettant aussi de désenclaver la région. Au terme d’une dizaine d’années d’études, les travaux de percement furent entamés en 1964 et aboutirent à l’ouverture en 1988 du tunnel du Seikan. Avec plus de 53 km, dont 23 km sous la mer, il est encore actuellement le plus long tunnel du monde. Au-delà de ce record, il a eu un effet bénéfique sur Hokkaidô qui, d’une certaine façon, s’est rapproché du reste de l’archipel. Il est très facile de s’y rendre en train.

Hakodate est à moins de cinq heures de Tôkyô

De Tôkyô, le shinkansen conduit en trois heures les passagers jusqu’à Aomori d’où ils peuvent prendre un train jusqu’à Hakodate. Désormais, en un peu plus de 5 heures, il est possible de rejoindre Hakodate. Lorsque le train à grande vitesse entrera en service à Hokkaidô, pas avant 2035 tout de même, Sapporo ne sera alors plus qu’à 4 heures de la capitale. Cette révolution ferroviaire a permis de bouleverser le rapport que les Japonais entretiennent avec Hokkaidô. Ils ont ainsi découvert sa richesse naturelle qui ne se résumait finalement pas qu’à la neige. La beauté de ses paysages attire de plus en plus de touristes qui ont aussi appris à apprécier sa cuisine. Disposant de ressources agricoles variées, l’île peut ainsi offrir un large éventail de produits dont la réputation ne cesse de grandir dans le reste du pays. C’est au travers de quelques exemples originaux que nous allons vous le démontrer et vous inciter à vous y rendre.
Odaira Namihei