Les Eurockéennes made in Japan

Grâce à un échange avec le Summer Sonic au Japon, le français va vibrer au son d’artistes japonais de première qualité.

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On s’était habitué aux échanges culturels dans le domaine du théâtre, de la littérature ou encore dans celui des arts plastiques. Il faudra désormais prendre en compte le rock puisque, pour la première fois, deux grands festivals ont décidé de collaborer pour proposer à leur public respectif des artistes qu’il n’aurait sans doute jamais eu l’occasion de voir sur scène. Les Eurockéennes qui se déroulent chaque année début juillet à Belfort, et le Summer Sonic Festival, samasoni pour les intimes, qui a la particularité d’être organisé mi-août à Tôkyô et Ôsaka, ont mis en place un partenariat original dont on ne peut que se féliciter.
“Tout est parti d’une initiative de l’Institut français dont la mission est de promouvoir les artistes hexagonaux. Gaëlle Massicot-Bitty, la responsable pôle vivant et musiques, a proposé de mettre en relation deux festivals de rock afin d’offrir une réelle visibilité aux musiciens des deux pays. Nous avons commencé à travailler sur ce projet au printemps 2014 avec les dirigeants des Eurockéennes pour aboutir à la venue de trois représentants japonais en France et à celle de trois artistes français au Japon”, explique Yamada Yôko qui coordonne partenariat pour le compte du Summer Sonic. “C’était pour nous une première, mais l’expérience des Eurockéennes en la matière a permis d’avancer rapidement. A la fin de l’année dernière, Kem Lalot, le mythique programmateur du festival français s’est rendu au Japon pour assister au Countdown Japan, le grand festival de rock qui se déroule fin décembre, et ainsi découvrir des groupes susceptibles de participer aux Eurockéennes. Il a eu un coup de cœur pour Maximum the Hormone, un groupe de metal/punk hardcore. Malheureusement, le groupe a décidé de faire une année de break pour permettre à Nao, leur batteuse, d’avoir un bébé”, poursuit-elle. “Dans un pays en mal d’enfants, je trouve que c’est plutôt courageux. Comme il a aussi beaucoup apprécié la prestation de The Bawdies, une formation très influencée par la beat des années 1960, qui a une belle présence sur scène, c’est ce groupe qui sera en quelque sorte la tête d’affiche japonaise de l’édition 2015 des Eurockéennes”, ajoute Yamada Yôko, ravie de pouvoir faire découvrir autre chose que les groupes de Jpop ou de Visual kei dont les tournées européennes se multiplient.
La scène rock japonaise est évidemment très riche, mais les tourneurs ont toujours à chercher des artistes qui font “japonais”, c’est-à-dire maquillés à outrance avec des costumes tout aussi délirants. Les amateurs d’accoutrements vestimentaires seront servis avec Seiho. Mais la ressemblance s’arrête là. Le DJ japonais propose un groove ultra-dansant auquel il n’est pas facile de résister. Le dernier invité nippon est Bo Ningen, dont l’énergie sur scène ne manquera pas d’en surprendre plus d’un. Chevelus comme ce n’est pas permis, les quatre membres de ce groupe qui joue à cent à l’heure “apportent à son premier amour – le punk et ses excès – de la folie et beaucoup d’images”. La diversité des genres est au rendez-vous et on comprend pourquoi Yamada Yôko est satisfaite de cette première collaboration qui, espérons-le, ne s’arrêtera pas là.
Gabriel Bernard

Infos pratiques :
Les Eurockéennes du 3 au 5 juillet 2015 à Belfort. A partir de 46€ la journée. 108€ les trois jours.
www.eurockeennes.fr/billetterie/e-tickets/