Découverte : Au bout de la route de la soie

Chaque année, début août, le ciel d’Obama s’embrase. / Obama

Bien que de taille modeste, Obama possède un patrimoine culturel très important. La ville et ses environs ne comptent pas moins de 130 temples, pour la plupart de véritables bijoux prodigieusement conservés pour des bâtiments datant des ères Heian et Kamakura. Le Myotsuji, enregistré comme trésor national, s’impose sur les hauteurs de la ville. Un temple d’une beauté brute, rare, datant de l’ère Kamakura dont la pagode adjacente remonte à 806. Ici et là, on aperçoit des taches de mousse sur la charpente de bois, témoignages du temps, si chers à l’esthétique japonaise du wabi-sabi, ce terme japonais désignant la contemplation des affres du temps. Les statues de Bouddha des temples d’Obama sont également des merveilles. Il est rare d’en observer de si anciennes et d’aussi bien conservées dans l’archipel…
Obama est également une petite cité remarquable pour la qualité de son artisanat. C’est ici que 80 % de la production japonaise de baguettes laquées, les Wakasa nuri-bashi, est réalisée. Si la capitale japonaise de la laque reste Wajima, au nord de Kanazawa, celle de Wakasa n’en est pas moins remarquable et possède une histoire de plus de 400 ans. Cette technique consiste à polir la laque à l’aide d’une pierre ou de charbon, afin de faire ressortir des motifs de coquillages et de coquilles d’œuf. Des feuilles d’or peuvent également être utilisées, transformant les baguettes en un vrai travail d’orfèvre. “Huit mois à 1 an peuvent être nécessaires pour réaliser certains objets en laque”, détaille le maître en la matière, Aoto Hideo. “La base de l’objet est toujours du bois brut. La laque s’applique sous forme liquide. Pour les motifs, on utilise toutes sortes de matières : or, coquilles d’œuf, feuilles de pins, etc. En tout, il y a 24 étapes à réaliser.” Des ateliers proposent aux touristes de réaliser leurs propres baguettes laquées sous l’œil avisé du maître. Une expérience unique et qui révèle soudain la réalité de la difficulté de l’ouvrage.
La ville est un charmant havre de paix. L’été, nombre de Japonais viennent s’y baigner, les petites criques paisibles étant nombreuses, planter le barbecue ici ou là est simple et sans contrainte, il s’agit de profiter du moment tout simplement. La mer du Japon bénéficie de courants marins plus chauds et moins vigoureux que la partie océanique de l’archipel, de ce fait la baignade y est plus douce. Les vacanciers sont également moins nombreux sur cette côte plus sauvage qui ne présente décidément que des avantages. En revanche, après la mi-août, attention aux méduses que les eaux chaudes attirent en nombre!
Pour loger, la ville dispose d’une pléthore de maisons d’hôtes (minshuku), comme par exemple le Murakami Tosen, une charmante auberge japonaise traditionnelle tenue par un couple et leurs enfants. Couchage futons, tatamis, salle de bains à partager, laissez-vous glisser sans réticence dans l’incomparable douceur de l’hospitalité japonaise. Au matin, la famille sert un petit-déjeuner savoureux composé d’une soupe miso, de poisson grillé, de riz. Si l’envie de se fondre encore davantage parmi la population locale d’Obama prend le visiteur, il suffit d’aller déjeuner à Kitchen Boo. Pour moins de 10 €, il aura accès à un buffet succulent composé d’une profusion de plats japonais réalisés à partir de légumes et de poissons locaux et de saison. Tout autour, attablés, on y trouve des familles, enfants, personnes âgées. Nous sommes dimanche et tout le monde affiche une mine ravie et se réjouit de partager ce repas en bonne compagnie.