Destin : Sur les pas d’un génie tragique

Le pont de fer (rikkyô) qui enjambe les voies de la ligne Chûô et que Dazai Osamu aimait fréquenter reste un lieu très apprécié des habitants. / Eric Rechsteiner pour Zoom Japon

Dazai Osamu est l’un des écrivains les plus célèbres du pays. Sa vie et sa mort sont liées à la fameuse ligne de train.

Pendant de nombreuses années, la ligne Chûô et les quartiers situés entre les gares d’Asagaya et de Mitaka en particulier ont attiré de nombreux écrivains et intellectuels, mais peu d’entre eux ont exercé une fascination sur leurs lecteurs comme Dazai Osamu. L’auteur de chefs-d’œuvre tels que Soleil couchant (trad. par Didier Chiche, Les Belles lettres) et La Déchéance d’un homme (trad. par Gaston Renondeau, Gallimard) y a vécu de 1936 jusqu’à son suicide en 1948.
Au Japon, ses récits existentiels d’anti-héros opposés à la société ont attiré un lectorat fidèle parmi les lycéens et les étudiants. Sa popularité auprès des jeunes générations est telle que même un personnage de manga a été nommé en son honneur. Dans Bungo Stray Dogs [Chiens errants littéraires, inédit en français. L’adaptation animée est diffusée sur Crunchyroll] écrit par Asagiri Kafka et dessiné par Harukawa Sango, Dazai est un membre éminent d’une agence de détectives qui dispose d’un pouvoir surnaturel appelé “la déchéance d’un homme” et, comme le véritable auteur, il essaie toujours de se suicider.
Alors âgé de 27 ans, Dazai Osamu s’est installé pour la première fois à Suginami avec sa femme en mars 1936, quand, grâce au romancier Ibuse Masuji, il a trouvé une maison à Amanuma, entre les gares d’Asagaya et d’Ogikubo. Mais un an plus tard, son ami Kodate Zenshirô lui a avoué avoir couché avec sa femme. La soudaine rupture conjugale a précipité une crise existentielle chez cet écrivain troublé et le couple a divorcé quelques mois plus tard après une nouvelle tentative de suicide avortée, la quatrième de l’écrivain.