Découverte : Hiroshima, côté jardins

Le petit jardin du Seigan-ji ne manque pas de charmes. / Angeles Marin Cabello pour Zoom Japon

Ensuite, il y a le paysage mental en pierre que l’on retrouve au temple de Saizô-ji avec ces îles énigmatiques de roche flottant sur des vagues de gravier blanc soigneusement incliné. Que représentent-ils ? Selon le spécialiste D.T. Suzuki, les jardins japonais constituent l’expression de l’esprit zen. “Ce n’est pas quelque chose que vous pouvez expliquer. Vous devez l’expérimenter”, estime pour sa part le prêtre en chef du Saizô-ji, un petit sourire aux lèvres.
Les espaces verts de Hiroshima se divisent en deux catégories principales : les jardins paysagers traditionnels influencés par le zen que Hugo Munsterberg qualifie de “reconstitution artistique de la nature”, et les parcs qui rappellent ceux dont nous sommes familiers en Occident.
Vous pouvez voir un bon exemple du premier type à proximité de l’aéroport de Hiroshima. Une courte promenade sur la route vous conduit au Sankei-en, un jardin de six hectares reproduisant en miniature les montagnes, les villages et les paysages de la Mer Intérieure de la préfecture de Hiroshima. Conçu comme un jardin de promenade traditionnel en 1993, le Sankei-en possède un grand lac (représentant la Mer Intérieure), riche en carpes colorées (koï). Achetez un sac de nourriture pour poissons à l’entrée, promenez-vous le long de la passerelle en bois qui s’avance dans le lac et déclenchez une frénésie alimentaire chez les koï. Contrairement aux parcs en Occident, les jardins paysagers japonais n’offrent pas de nombreuses variétés de fleurs. La norme est plutôt de mettre une fleur à l’honneur : des camélias en janvier aux chrysanthèmes en novembre, en passant par les fleurs de prunier en février. Des rochers, des étangs et des arbres soigneusement implantés font le reste. Au XVIe siècle, certains jardiniers ont soutenu que le positionnement des roches était plus important que le feuillage lui-même. C’est peut-être pour cette raison que plus de 7 000 tonnes de roches ont été utilisées au Sankei-en.
Un principe de base des jardins japonais est d’être attractif tout au long de l’année. Hanbe, un complexe jardin-restaurant-spa situé dans le quartier de Minami, en est un excellent exemple. L’atmosphère qui y règne est assez magique. Dès l’instant où vous y pénétrez, vous percevez le son apaisant des cascades qui se jettent dans l’étang aux carpes koï.
Au-delà de cette étendue d’eau, s’élève une douce colline. Dans les années 1930, le fondateur du jardin y a planté 100 000 azalées. La colline qui les abrite les a protégées de la bombe atomique. En 1946, elles étaient à nouveau en fleurs, attirant des visiteurs du Kansai et de Shikoku. Les autres fleurs saisonnières comprennent l’iris, les fleurs de cerisier et de prunier, les hortensias sans oublier plus de 1 000 érables. Voilà qui assure un affichage de couleurs spectaculaire à n’importe quel moment de l’année.
Ce que l’on présente comme le Triangle Art & Nature constitue l’un des points forts des jardins de Hiroshima, en raison de la présence des trois principaux musées d’art de la ville dans trois de ses parcs les plus importants. Hiroshima est donc la ville “où l’eau, le vert et l’art se mélangent”, comme le rappelait une récente campagne de promotion touristique.
Conçu en 1620, le Shukkei-en s’inspire des paysages qui entourent le Lac de l’ouest à Hangzhou, en Chine. / Angeles Marin Cabello pour Zoom Japon