Succès : Manga Shônen marque des points

Batto-kun d’Inoue Kazuo, juin 1948. / collection Claude Leblanc

En abandonnant Yakyû Shônen pour lancer son nouveau magazine Manga Shônen, Katô Ken’ichi ne tourne pas pour autant le dos au base-ball. Dès le premier numéro de sa nouvelle publication, en janvier 1948, la série qui ouvre le magazine de 38 pages s’intitule Batto-kun [Le p’tit batteur]. Sous la plume d’Inoue Kazuo, cette série raconte l’histoire de Batto Nagai dit Batto-kun, un collégien passionné de base-ball.
Si le manga met en avant la pratique de ce sport, il ne s’y cantonne pas uniquement. L’objectif de Katô est de “permettre aux enfants japonais de grandir grâce à la lecture de Manga Shônen”, comme il le rappelle dans le texte qu’il publie dans le n°1. Aussi encourage-t-il l’auteur de Batto-kun à explorer le quotidien du héros de ce récit avec sa famille et ses amis. Il voit dans la pratique du sport un excellent moyen d’éducation. C’est la raison pour laquelle Inoue Kazuo utilise les expériences de jeu pour offrir quelques leçons de comportement face à la victoire ou la défaite.
A l’époque, nous sommes loin des mangas qui paraîtront vingt ans plus tard dans lesquels les héros sont prêts à souffrir pour atteindre les sommets. Ici c’est le plaisir qui prévaut. Une approche qui correspond à l’esprit du moment après des années de guerre et de difficultés. Surtout que le base-ball est considéré comme une activité “démocratique” dans la mesure où chaque joueur est indépendant des autres. Une leçon importante pour Katô favorable à l’épanouissement des enfants.
Odaira Namihei

Manga Shônen, mai 1948. / collection Claude Leblanc