Muriel Staraselski, le rêve d’une vie

muriel-staraselski-interview
© Odaira Namihei

Vous étiez salariée lorsque vous avez décidé de prendre une année pour vous consacrer à votre formation. Expliquez-nous votre expérience.
Muriel Staraselski : Au départ, mon but était de faire le Centre Franco-Japonais de Management (CFJM) avec un an en France et un an au Japon. J’ai été sélectionnée au CFJM, mais malheureusement c’est au niveau des finances que cela a bloqué. Je voulais faire un CIF rémunéré (congé individuel de formation) financé par le Fongecif. Ce dernier a refusé de financer une partie de mon salaire. Je me suis alors réorientée vers une école située à Quimper qui s’appelle Isuga (Institut de Management Europe-Asie) qui dispose aussi d’une section de japonais et propose trois mois de cours de japonais au Japon chaque année. Cette école dispose aussi de programmes d’échange avec des universités japonaises. Je n’ai pas pu en profiter car les délais étaient trop courts pour que je puisse obtenir le visa étudiant. En définitive, je pars en école de langue à Yokohama pour trois mois [Muriel est partie début octobre 2010]. C’est donc l’immersion. Je voulais étudier le japonais, mais je voulais surtout pouvoir vivre un peu dans ce pays. Je connaissais le Japon par mes voyages, mais ce n’est pas en touriste qu’on peut découvrir un pays. Même si je réalise que trois mois, c’est très court, je pense que c’est déjà une première étape positive.

Qui s’est occupé des démarches administratives ?
M. S. : A vrai dire, il n’y en a pas. Je pars dans le cadre d’un visa touristique qui me permet de rester trois mois sur place. En revanche, les étudiants, qui partent dans le cadre d’un échange universitaire, doivent obtenir un visa étudiant. Les délais d’obtention sont longs et c’est l’université d’accueil qui les aide dans les démarches. Mais dans mon cas, la procédure était trop longue.

Comment va se dérouler votre formation sur place ?
M. S. : Elle sera intensive. Nous aurons des cours tous les matins jusqu’à 13h avec des classes par niveau. L’après-midi sera consacré aux devoirs et au travail individuel. Ce sont donc des journées pleines qui m’attendent. Les cours sont axés sur la conversation. C’est ce que je recherchais, car mon but premier est vraiment de pouvoir communiquer avec des Japonais. Mon envie est née de mon travail [Muriel est salariée chez Sumitomo] où j’ai réalisé que les possibilités d’évolution étaient limitées parce que je ne parle pas japonais. La maîtrise du japonais serait donc un plus dans mon travail. Par ailleurs, je veux continuer à travailler avec le Japon. Il est donc essentiel pour moi d’être en mesure de parler et de communiquer en japonais.

Vous tenez un blog Myu no yume [Le rêve de Muriel] depuis longtemps. Allez-vous y relater votre expérience ?
M. S. : Bien sûr. J’ai un compte Facebook, un compte Twitter et je dispsoe de ce blog (http://myunoyume.com). Je vais essayer d’y raconter ma vie quotidienne. Je veux y consigner ma perception de ce Japon que je vais découvrir, en y ajoutant des photos et des vidéos [depuis son arrivée, Muriel publie régulièrement des textes très intéressants et plein d’infos pratiques. NDLR].

Quelle sera la suite ?
M. S. : A mon retour en janvier, je commencerai les cours à Quimper. A l’issue de mes études, j’aurai un stage à effectuer. J’essaierai alors d’en trouver un au Japon même si je sais que c’est loin d’être évident de trouver un stage rémunéré là-bas. Et au terme de ce stage, je pourrai réintégrer mon poste chez Sumitomo puisqu’il s’agit d’un CIF.
Propos recueillis par Odaira Namihei