Kôra Kengo, un acteur touche-à-tout prometteur

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Né le 12 novembre 1987 à Kumamoto, il a été révélé en 2008 pour sa belle performance dans le film Hebi ni piasu [Serpents et piercings, inédit en France] de Ninagawa Yukio adapté du fameux best seller éponyme. Cet acteur élégant tourne beaucoup et excelle dans tous les registres que ce soit en beau ténébreux qui se suicide au début de La Ballade de l’impossible de Tran Anh Hung ou en hikikomori dans Oniichan no hanabi [Fireworks from the heart, présenté le 14 mai dans le cadre du ciné-club de Zoom Japon] de Kunimoto Masahiro. © Après Inc.
Avez-vous un acteur qui vous inspire ? Si oui, lequel ?
Kôra Kengo : Parmi ceux dont je me sens proche, je citerai Ômori Nao [acteur de télévision, de clips publicitaires, il s’est fait remarquer en 2003 pour son interprétation dans Vibrator de Hiroki Ryûichi présenté au Festival de Venise]. C’est quelqu’un qui sait comment se placer et réagir quelle que soit la réplique qu’on lui a confiée. C’est vraiment un excellent acteur.

Vous tournez beaucoup. Comment parvenez-vous à changer de personnage aussi souvent ?
K. K. : Pour chaque rôle, j’essaie de comprendre ce qui peut m’attirer en lui. Et même lorsqu’un rôle ne m’inspire peu de sympathie, je cherche à le comprendre et à m’en imprégner. Un personnage, quel qu’il soit, est un être humain. Je suis moi-même un être humain et le personnage que je vais incarner exprime des sentiments humains. En d’autres termes, je crois que dans chacun des personnages que j’interprète on retrouve un peu de moi. Depuis que j’enchaîne les films, je dois dire que je fais beaucoup plus attention à ma personne et à ma vie privée que par le passé. C’est sans doute pour éviter les confusions qui peuvent voir le jour à force de multiplier les apparitions sur les écrans.

Vous avez tourné avec Aoyama Shinji, Tran Anh Hung pour ne citer que ces deux cinéastes connus. Comment vous ont-ils choisi ?
K. K. : Je pense que ce n’est pas sur ma personne que le choix s’effectue, mais plutôt sur le rôle que j’aurai à interpréter. Ensuite, il y a tout un travail sur le sens que je pourrai donner à ma façon de jouer le personnage. Je crois que c’est ainsi que les cinéastes avec lesquels j’ai travaillé ont procédé pour accepter de m’associer à leur projet.

Avant de commencer à jouer une scène, comment vous préparez-vous ?
K. K. : Je lis d’abord le script et je me demande comment je vais interpréter la scène en question. Mais ce n’est pas juste une question de comment je vais la faire. Il y a aussi l’importance de la réplique qu’il faut bien savoir pour se positionner comme il faut le moment venu sur le plateau. Bref, je défends l’idée qu’il faut bien  s’investir dans la préparation.

Ceux qui ont eu la chance de vous voir en France dans La Ballade de l’impossible, Solanin et Oniichan no hanabi [ces deux derniers films ont été projetés dans le cadre du ciné-club de Zoom Japon] ont pu voir qu’il se dégage de vous une certaine modestie. Pourtant chacune de vos apparitions laisse une forte impression…
K. K. : Je ne veux pas tomber dans la facilité ni faire des choses inutiles. J’essaie aussi de ne pas prêter attention à la caméra. Par ailleurs, je ne cherche pas à en faire trop, car je crois à l’intelligence des spectateurs. A mes yeux, ce qui compte, ce n’est pas la technique, mais plutôt ce qui peut surgir de ma propre expérience et j’essaie de m’y tenir.

Comment vous positionnez-vous dans cet univers cinématographique en pleine mutation ?
K. K. : Je cherche simplement à trouver ma place dans un environnement où il y a de plus en plus de scénarios et de films un peu trop gnangnans.

Vous êtes quand même optimiste ?
K. K. : Bien sûr. Je pense que l’horizon du cinéma japonais n’est pas bouché. Je crois  beaucoup à son potentiel.
Propos recueillis par Gabriel Bernard