Paroles de lectrices japonaises

Tokyo, Shibuya train station - June 2009 - 1Q84, Haruki Murakami's latest novel, was a bestseller before it arrives in the bookshops. More than one million copies were sold one month after its release.
Publicité pour 1Q84 lors de sa sortie au Japon en mai 2009. ©Jérémie Souteyrat

Si la traduction française ne fait son apparition que ce mois-ci dans les librairies de l’hexagone, cela fait deux ans que 1Q84 a été publié au Japon. Considéré comme un best-seller, les trois tomes édités chez Shinchôsha, se sont arrachés à plusieurs millions d’exemplaires dans l’archipel. Des lectrices tokyoïtes nous ont livré leurs impressions après lecture de ce roman.
“Ceux qui aiment l’univers de Murakami apprécieront 1Q84, explique Mori Michiko, 33 ans. On y retrouve  la part de fantaisie mêlée de réalité que l’on aime dans le style de cet auteur. Le roman raconte une histoire d’amour assez compliquée. Tout en abordant différents thèmes tels que la mort, la violence, l’histoire.”
Honda Satomi, 61 ans, aime tout particulièrement “les références à des faits de société comme par exemple celle de l’affaire de la secte Aum qui amène une part de réflexion à cette fiction.” En revanche, elle regrette “la trop grande complexité de cette histoire. Je m’y suis un peu perdue parfois alors même que je suis habituée à l’écriture de cet auteur.” “Par exemple, on ne sait jamais dans quel pays l’histoire se passe. Mais c’est vrai que ce n’est pas très important au final”, explique-t-elle. Se perdre dans les romans de Murakami n’est cependant pas si désagréable. “Cela fait aussi partie de ce que j’aime dans ses livres même si j’avoue avoir une préférence pour ses romans plus autobiographiques comme Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil où l’on sent bien l’implication personnelle de l’auteur.”
En revanche, Ishii Mai, 26 ans, reconnaît “ne pas avoir été jusqu’au bout de ce livre-là. J’aime beaucoup son style, mais ses livres sont de plus en plus longs. En plus, l’univers de 1Q84 est particulièrement complexe.”
“Généralement dans les livres de Murakami, on peut déceler un message, précise Mori Michiko. Dans Kafka sur le rivage, on sentait la portée philosophique du récit à travers le voyage initiatique du personnage principal. Dans 1Q84, la part du fantasme est beaucoup plus importante et j’ai moins ressenti cette volonté d’impact sur la vie réelle, ce message universel qui fait que l’on peut s’identifier au personnage principal. Néanmoins, j’ai pris beaucoup de plaisir à déguster ce rêve sans fin.”
Johann Fleuri