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Jipangue se met au service de la tradition

Avec à sa tête Nakazawa Masami qui a plus de 50 ans d’expérience, ce restaurant est une adresse incontournable à Paris.

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© Ozawa Kimie

Quand on observe Nakazawa Masami manier son couteau pour découper son poisson, on voit très vite que cet homme a une expérience hors du commun. “J’ai commencé à l’âge de 16 ans à préparer des sushi”, lance-t-il rempli de fierté alors qu’il approche des 70 ans. Originaire d’Ôsaka, il a quitté la capitale du Kansai pour s’installer à Tôkyô où en 1963, un an avant les Jeux olympiques, il a commencé à travailler dans un restaurant spécialisé dans les sushi. Puis il y eut la rencontre avec Sudô-san, qui avait ouvert le restaurant Aï avenue de l’Opéra à Paris. En 1976, M. Nakazawa décide de quitter le Japon pour s’installer en France. Il y retrouve M. Sudô qui a fondé un nouvel établissement sis rue Ste-Anne. Issé, tel est son nom, devient rapidement le restaurant de référence à Paris. Le couturier Kenzo en fait sa cantine suivi par les autres grands stylistes Miyake Issei ou Mori Hanae. Les sushi de M. Nakazawa attirent aussi les vedettes françaises. Johnny Hallyday s’y rend régulièrement. Cette expérience lui permet de franchir un nouveau palier. Il change de restaurant et de quartier. Il se rapproche des Champs Elysées. Il rejoint le restaurant Jipangue qui a ouvert ses portes en mars 1993 avec comme particularité de servir du poisson cru au rez-de-chaussée et des grillades au premier étage. Nakazawa Masami règne en maître derrière son comptoir où il prépare toujours avec la même envie sashimi et sushi. Jusqu’à ces dernières années, le restaurant, dont la devanture n’est guère attrayante, était le rendez-vous de nombreuses familles japonaises qui venaient y retrouver les saveurs de leur pays natal comme le shabu-shabu et le sukiyaki. L’adresse se transmettait comme une valeur sûre à leurs amis. Puis, la crise aidant, la clientèle japonaise s’est faite moins nombreuse. Les entreprises nippones envoient désormais moins d’expatriés. Voilà pourquoi, une grande partie des clients sont aujourd’hui français. Mais ce qui ne change pas, c’est l’atmosphère familiale qui y règne. M. Nakazawa n’y est pas étranger. Marié tardivement à Hiromi, sa femme rencontrée au restaurant Issé, il est fier de ses enfants qui ont réussi comme il est fier de son métier. D’ailleurs, ses clients français, amateurs de poisson, le sentent bien et apprécient ses préparations. Avec un menu à partir de 17 euros le midi, il va sans dire qu’il a réussi à fidéliser une clientèle de salariés en quête de vraies saveurs japonaises. On peut aussi goûter ses miso-nabe (marmite au miso) à base de poulet, de saumon ou de daurade pour 29 euros. Servis dans une amotsphère très japonaise, vous aurez l’impression d’avoir fait 10 000 kilomètres en franchissant le seuil de Jipangue.
Ozawa Kimie

Pratique pour s’y rendre :
96 rue la Boétie 75008 Paris.
Tél. 01 45 63 77 00 – 12h-14h15 et 19h-23h.
Fermé le samedi midi et le dimanche.