Le prix d’une décennie

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Je rêvais de vivre en France sans que l’on me demande  chaque année l’autorisation d’y rester. En juillet, ce rêve s’est enfin réalisé ! Je me permets de dire qu’il était temps ! Avant ma dernière installation en France en 2003, j’y ai vécu 2 fois dont le 1er séjour remonte à 1989. Depuis, j’y ai connu 4 présidents de la République. Puis j’ai fait mes études dans une université française, mariée avec un Français (malgré son accent alsacien), travaille dans une société française et paie des impôts à l’Etat français. Naturellement ce n’était pas compliqué d’obtenir une carte de résidente, sauf que cela a pris 4 mois depuis la demande jusqu’à sa délivrance.
En juin, j’ai finalement reçu une convocation me demandant de me présenter à la préfecture avec mon conjoint à une date et à un horaire précis, par exemple 5 jours plus tard à 14h. Pour eux, on peut se dispenser de travailler ce jour-là car la demande de carte de résident sert d’excuse à tout. Mais non, ce n’était pas le cas pour mon mari. Le lendemain matin, je me suis rendue à la préfecture pour faire changer la date du rdv. Refusée. J’y suis alors retournée avec une lettre signée par l’administration du travail de mon mari, un établissement national. Œil pour œil, Etat pour Etat, cela a marché très efficacement.
J’ai ensuite  reçu une nouvelle convocation précisant une date avec une note importante : attention, si vous ne respectez pas la date et l’horaire pour retirer votre carte de séjour, vous serez sans titre. Oh non ! Je devrais être au Japon à cette date-là ! Or je n’avais plus envie de refaire la queue pendant 4h et de me battre encore une fois pour faire changer la date. Finalement, je suis partie dans l’archipel pour revenir 6 jours plus tard au lieu d’y rester 3 semaines, pour recevoir mes 10 ans d’avenir en France. Elle m’a coûté très cher sans compter les 260€ à payer lors du retrait ! Comme l’Etat profite de la faiblesse des gens ! Mais enfin, c’est fait et il ne me reste qu’à bien la protéger contre les pickpockets pendant 10 ans, cette carte en plastique qui vaut une vie !
Koga Ritsuko