A l’heure de “la pluie de prunes”

Cérémonie de repiquage du riz au Shukkei-en, jardin japonais situé au cœur de Hiroshima. / Angeles Marin Cabello pour Zoom Japon


Le début du mois de juin marque également la période des cérémonies de plantation du riz. Les pluies de tsuyu sont vitales pour la croissance des cultures. A Chiyoda, dans la préfecture de Hiroshima, vous pouvez assister à cette époque à une cérémonie traditionnelle de repiquage du riz. C’est un spectacle fascinant, avec des bœufs décorés avec soin, des planteurs de riz et des batteurs en costumes colorés. Une version réduite de cette cérémonie, sans les bœufs, est également présentée au Shukkei-en, jardin historique situé au cœur de Hiroshima.
Même dans les petites rizières situées dans les angles de rue qui abondent encore dans les banlieues japonaises, souvent d’une surface inférieure à 50 mètres carrés, c’est un plaisir de voir les lignes parfaitement parallèles des nouvelles pousses, aussi méticuleusement précises que le gravier ratissé d’un jardin zen.
Ces nouvelles plantations se transforment rapidement en mini écosystèmes florissants. Quelques jours auparavant, les champs étaient encore bruns et stériles depuis la récolte de l’automne précédent. Mais désormais, des grenouilles coassent et une famille de canards se promène autour, engloutissant les têtards. Des libellules bleu ciel s’élancent, des hirondelles fraîchemenwt revenues piquent du nez, des aigrettes et des hérons pêchent, des serpents se prélassent, tandis que les petites pousses vertes du riz nouvellement planté scintillent sous le soleil du matin. Mais quel que soit le nombre de prédateurs qui affluent dans les champs, les nuits sont toujours bruyantes avec le coassement des grenouilles dans les champs inondés.
Les premières grosses bestioles commencent aussi à apparaître – comme les papillons noirs, les sauterelles à nez pointu et les mantes – pour le plus grand plaisir des jeunes enfants qui tentent de les attraper avec de grands filets (voir Zoom Japon n°72, juillet 2017). De nos jours où, pour la plupart des gens, se divertir revient à fixer un écran quelconque, sortir et chasser les insectes demeure un passe-temps estival populaire pour de nombreux enfants japonais.