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Nihongothèque « On-gaeshi »

Il m’arrive de suivre des séries japonaises grâce auxquelles je peux saisir les centres d’intérêt des Japonais d’aujourd’hui.

En effet, il arrive que des programmes télévisés suscitent de temps en temps des phénomènes sociaux à l’instar du feuilleton Hanzawa Naoki, histoire de vengeance d’un banquier talentueux portant ce nom. Né en 1970 et embauché par une méga-banque pendant la bulle financière, il a vécu, par la suite, la crise économique, l’obligeant à résoudre des problèmes posés par ses supérieurs en quête de promotion et bénéficiaires du miracle économique des années 1970-1980.

On retrouve dans cette série le véritable reflet de la mentalité de nos aînés, ces salariés qui ont mis en place un système hiérarchique pyramidal fondé sur des valeurs collectives, contre lequel Hanzawa Naoki doit se battre à chaque épisode.

Diffusée en 2013, la première saison a réalisé un taux d’audience de 42,2 %, et, a vu l’expression culte “bai-gaeshi” que le héros balance à toutes ces éminences grises sélectionnée comme le mot de l’année. Signifiant littéralement “rendre en double”, on peut aussi la traduire par “doubler sa revanche”. Actuellement, la deuxième saison est en cours de diffusion. “Bai-gaeshi” a été complétée par l’arrivée d’une nouvelle formule : “on-gaeshi”. Celle-ci veut dire “rendre une faveur obtenue” et elle a permis d’apporter une nouvelle finesse à l’histoire.


Personnellement, ce dernier terme me fait penser à une personne que j’ai tant appréciée, malheureusement décédée cet été. Il s’agit du “premier supporteur” de cette chronique que j’appelais affectueusement et avec respect “Bernard-san” (voir p. 3). Il en faisait la relecture et m’encourageait tout le temps. Il parlait japonais parfaitement avec une attitude modeste digne d’un Japonais, tout en gardant un esprit libre à la française, tout à fait à l’opposé des vieux salariés de la série. En espérant acquérir un jour la magnanimité et l’épaisseur culturelle qu’il possédait, je me permets d’écrire ici “arigatô” (merci) à ce grand homme qui ne s’attendait jamais à recevoir un “on-gaeshi”.
Koga Ritsuko


Koga Ritsuko