One Piece, un sacré morceau

Championne du monde des ventes, la série signée Oda Eiichirô cartonne en France. Sa dixième adaptation sort au cinéma le 24 août.

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Le Thousand Sunny, navire que commande le capitaine Monkey D. Luffy. © Eiichiro Oda/Shueisha, Toei Animation © »2009 One Piece » production committee

Tandis que ses concurrents tirent la langue et font la grimace en regardant les chiffres de vente de leurs magazines de manga, l’éditeur Shûeisha affiche un grand sourire. Son magazine phare Shônen Jump tient la forme. Lorsqu’en décembre 2009, sa diffusion a atteint les 3 millions d’exemplaires, l’éditeur n’a pas hésité à acheter neuf pages de publicité dans le quotidien Asahi Shimbun. Il fallait bien remercier les lecteurs, mais surtout rendre hommage au sauveur : la série One Piece. Imaginé par Oda Eiichirô, ce manga fleuve est devenu un véritable phénomène de société dans l’archipel grâce auquel le secteur du manga mais aussi celui de l’animation ont retrouvé des couleurs.
Non seulement la présence du manga dans les colonnes de Shônen Jump permet au magazine de caracoler en tête, mais les ventes de volumes enregistrent records sur records à chaque sortie. En France où One Piece est édité par Glénat, c’est le même engouement qui est constaté. En mai 2011, l’éditeur français a annoncé que le manga signé par Oda Eiichirô était devenu la série la plus vendue devant Naruto qui a longtemps tenu la tête. Depuis sa sortie sur le sol français en 2000, le manga s’est vendu à plus de 6 millions d’exemplaires. Un succès qui rappelle celui de Dragon Ball dont Oda Eiichirô revendique la filiation. Pour expliquer cette réussite, il faut se souvenir des trois principes du magazine Shônen Jump : effort (doryoku), victoire (shôri) et amitié (yûjô).  Pour être publié dans ses colonnes, il faut qu’une série possède au moins une de ces caractéristiques. A l’instar de Dragon Ball, One Piece est doté des trois, assurant ainsi son universalité et son succès auprès d’un public assez large.
Même constat au niveau de l’animation, puisque l’adaptation télévisée ainsi que les longs métrages inspirés par la série ont remporté un énorme succès dans l’archipel. A titre d’exemple, One Piece Strong World, sa dixième adaptation cinématographique sortie en décembre 2009 au Japon, a dépassé, en termes de recettes, Ponyo de Miyazaki Hayao distribué l’année précédente à la même époque. C’est justement ce film qui sera dans les salles obscures françaises à compter du 24  août prochain. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas l’univers de One Piece, cette dixième adaptation est peut-être la meilleure façon d’y pénétrer dans la mesure où elle a été supervisée par Oda Eiichirô à la différence des films précédents. Il en a écrit l’histoire et dessiné les personnages, une implication qui justifie le déplacement. Par ailleurs, et cela s’adresse déjà aux amateurs de la série, ce film crée un lien avec le manga original.  On doit à Kazé et Eurozoom la sortie de ce film à quelques jours de la rentrée scolaire. Un joli cadeau avant de retrouver l’école. Celui-ci pourra être doublé par l’achat du premier film de la série qui sort en DVD et Blu-ray le même jour chez Kazé Vidéo. Si après ça, vous ne succombez pas au charme de l’espiègle capitaine Monkey D. Luffy et de son équipage haut en couleurs, il ne vous reste plus qu’à reprendre vos vieilles cassettes d’Oum le dauphin. Même si ce film n’est pas le chef-d’œuvre de l’animation japonaise, il a l’avantage de réunir tous les ingrédients qui ont permis de faire de cette histoire de pirates le numéro un des ventes de bandes dessinées dans le monde toutes catégories confondues. Si ce n’est pas phénoménal, qu’est-ce qui le sera ?
Odaira Namihei

Pratique :
One Piece Strong World de Sakai Munehisa.
Au cinéma le 24 août – www.onepiece-strongworld.fr