Plaisir et douleur de la lecture

poupee-japon

Je croyais que vivre dans ce pays me permettrait naturellement d’acquérir certaines notions de lecture en français. Enfant, j’aimais beaucoup les ouvrages occidentaux traduits en japonais qui me faisaient rêver de pays lointains. Je n’ai donc pas lu beaucoup de romans japonais pendant mon enfance. Mais dans les années 80, j’ai découvert des auteurs contemporains et lu presque tous les ouvrages de Murakami Haruki de l’époque. J’aimais beaucoup son univers apatride et ses textes me semblaient être traduits d’une autre langue. A la même époque j’ai rencontré un recueil de Stéphane Mallarmé traduit en japonais et ai rêvé de le lire en version originale.
Pourtant depuis que je suis en France, je suis presque allergique à la littérature ! Cela vient sans doute des romans français qu’une école de langue m’avait donnés comme sujet d’examens : Diderot et Balzac. En consultant un dictionnaire tous les 5 mots, je n’ai absolument pas pu me concentrer sur l’histoire. Cet ennui est resté gravé si profondément que depuis je me suis éloignée de la littérature et mon seul plaisir a été de lire l’horoscope du Parisien relativement facile à comprendre. Un peu plus tard, on m’a présenté un manga littéraire japonais, mais écrit en français : Au temps de Botchan de Taniguchi Jirô. Ce fut tellement intéressant de lire autrement une histoire de mon pays que j’ai très rapidement avalé les 5 tomes. Après ce manga, je me suis intéressée aux auteurs japonais classiques et ai commencé également à les lire en français. Cependant à travers leurs traductions je n’arrive pas à reconnaître la différence de style de chaque auteur, sachant que nous avons 36 façons de dire “moi” en japonais. Mon seul critère pour apprécier des écrits en français est sa facilité de lecture ! Et il ne faut surtout pas me conseiller des ouvrages écrits avec plein de jolies expressions qui me demandent un temps de réflexion considérable. Cela dit je rêve encore de pouvoir lire Stéphane Mallarmé en français…
Koga Ritsuko