Tradition : Avec les derniers Chindon’ya

Nagata Mika exerce sa profession depuis 27 ans toujours avec la même passion. / Eric Rechsteiner pour Zoom Japon


“Nous recevons différentes demandes. Lorsque nous travaillons pour des restaurants ou d’autres commerces, nous faisons ce pour quoi les chindon’ya sont principalement connus, mais récemment, nous recevons beaucoup de réservations pour des événements spéciaux et même de la part de maisons de retraite. Dans ce cas, notre travail consiste à divertir les personnes âgées et leur famille, cela se situe donc entre le spectacle et la fête. Ainsi, chaque année, nous sommes engagés par une ville de Hokkaidô et nous visitons une quinzaine de maisons de retraite en trois jours. C’est un travail difficile, mais en même temps c’est très amusant”, sourit-elle.
“Depuis que je me suis lancé dans la profession, nous avons constaté pas mal de changements, à commencer par les clients. Dans le passé, nous avions beaucoup de travail dans les salles de pachinko (salles de jeux où les clients tentent de remporter un maximum de billes d’acier qu’ils changeront par la suite en argent) et les shôtengai (rues commerçantes). Mais depuis peu, leur situation économique s’est détériorée. Les salles de pachinko, par exemple, figuraient parmi nos meilleurs clients. Elles représentaient environ 70 % de notre clientèle, mais les fermetures se multiplient. Aujourd’hui, nous en faisons moins de dix en un an. Quant aux shôtengai, elles sont gérées par des associations de petits commerces familiaux. Pendant de nombreuses années, elles constituaient le cœur de chaque quartier, et les habitants y faisaient la plupart de leurs courses, mais depuis les années 1980, elles ont été durement touchées par la concurrence croissante des supermarchés et des centres commerciaux en périphérie. De nombreuses boutiques ont dû mettre la clé sous la porte et même les shôtengai qui subsistent sont loin d’être prospères. Dans le passé, lorsqu’elles organisaient des campagnes de promotion, elles embauchaient des chindon’ya pratiquement chaque semaine. Aujourd’hui, malheureusement, elles ne le font plus généralement qu’une fois par an”, confie Hisashi.
Pendant que nous parlons, Hisashi reçoit un appel d’une association commerçante de Kamata, dans le sud de Tôkyô, l’informant qu’en raison de la crise liée au coronavirus, elle doit annuler l’événement pour lequel le groupe avait été engagé.