Tradition : Avec les derniers Chindon’ya

Les chidon’ya sont souvent engagés pour faire la promotion de petits commerces. / Eric Rechsteiner pour Zoom Japon


“Chindon Geinôsha compte dix membres. La plupart d’entre eux sont de jeunes diplômés d’une université de musique voisine attirés par notre univers. Mon mari et moi jouons tous les deux du chindon-daiko. Nous travaillons rarement ensemble – aujourd’hui, c’était une exception – car nous recevons souvent plusieurs demandes pour le même jour, alors nous nous séparons et dirigeons différents groupes. Le nombre de personnes mobilisées pour une prestation donnée varie en fonction de la nature de l’événement et le budget du client”, ajoute, pour sa part, Mika.
“Notre maison est également le siège de notre entreprise. Lorsque nous effectuons une prestation, les membres juniors viennent chez nous vers 8h du matin. Nous mettons du maquillage et des kimonos et nous partons. Nous travaillons pendant sept heures, nous nous arrêtons pour le déjeuner et faisons une autre pause dans l’après-midi. Nous passons nos journées de congé à nettoyer nos costumes, à faire des travaux d’entretien, à répéter pour les fêtes qui arrivent ou les spectacles sur scène, et surtout à rendre visite à la police pour obtenir le très important dôro shiyô kyoka (permis de circuler) sans lequel nous ne pouvons pas nous produire dans la rue. C’est en fait la seule chose que je déteste dans ce métier. Nous devons y aller deux fois, d’abord pour demander et ensuite pour obtenir le permis. Et nous devons débourser environ 2 000 yens”, note-t-elle.
“Les bases de notre profession sont les mêmes partout, mais il peut y avoir quelques différences selon les régions. Les chindon’ya de Tôkyô et de ses environs, par exemple, sont beaucoup plus démonstratifs lors de leurs prestations promotionnelles. Les troupes de la région du Kansai (Ôsaka, Kôbe), en comparaison, sont plus élégantes et discrètes. Elles n’ont pas besoin d’en faire trop, car les passants sont moins timides, plus bavards et plus curieux que dans le Kantô (région de la capitale). J’ai choisi ce métier parce que je peux vraiment m’amuser au travail. Le type qui l’a inventé, qui a eu l’idée d’ajouter de la musique au fastidieux travail de promotion, était un génie. Je peux me réveiller de mauvaise humeur, ou avoir la gueule de bois (rires), ou encore avoir envie de rester au lit plutôt que d’aller travailler, mais une fois que la musique commence à jouer, je plonge dans le personnage et tous les soucis et les mauvais sentiments disparaissent comme par magie”, assure la dame au kimono blanc tout en continuant de frapper sur son tambour.
Gianni Simone