Expérience : Un drôle de printemps 2020

Une banlieue encore plus tranquille que d’ordinaire depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence. / Gianni Simone pour Zoom Japon


Au Japon, le mois d’avril marque le début de la nouvelle année scolaire. Les cérémonies d’entrée à l’école ont lieu partout et les rues sont pleines de familles sur leur 31 : les enfants exhibant leur uniforme tout neuf, les mamans avec leurs perles et en talons hauts, et les papas (s’ils ne sont pas trop occupés par leur travail) en veste et cravate. Mais pas cette année. Dans la plupart des cas, les écoles ont annulé ce rendez-vous. Dans certains endroits, la cérémonie s’est déroulée en plein air, les élèves étant répartis dans la cour de l’école pour éviter tout risque de contagion. Néanmoins, quelques écoles n’ont pas renoncé et ont organisé leur cérémonie dans le gymnase, comme d’habitude.
Ce fut le cas de l’école primaire municipale Nakayama de Yokohama, à proximité de mon domicile. Le 6 avril, les 106 nouveaux élèves de première année portant des masques faciaux se sont retrouvés assis à distance les uns des autres pendant que les portes et les fenêtres étaient ouvertes pour permettre à l’air de circuler. Elle n’a duré que 20 minutes, et un seul parent par élève a été autorisé à y assister. Apparemment, de nombreuses personnes se sont interrogées sur le fait de forcer les enseignants et les élèves à quitter la sécurité de leur maison et à utiliser les transports publics, les exposant ainsi au risque d’infection.
En ce qui me concerne, mon travail d’enseignant a été interrompu pendant près d’un mois car mes étudiants, dont la plupart ont plus de 60 ans, ont décidé, à juste titre, de faire une pause et de rester chez eux. De plus, mon université m’a informé qu’au moins jusqu’aux vacances d’été, début août, je devrai enseigner en ligne. Ce n’est pas quelque chose qui m’enchante, car j’aime être en classe avec les étudiants. Mon école a même offert aux enseignants la possibilité de renoncer à leurs cours pour cette année, mais je dois payer les factures.
Le principal casse-tête d’un informaticien semi-analphabète comme moi est d’apprendre à utiliser des plateformes en ligne telles que l’outil de téléconférence Zoom et Manaba (un système d’apprentissage collaboratif basé sur le cloud). En revanche, je pourrai enseigner depuis chez moi en tenue “décontractée”, en chemise déboutonnée et sous-vêtements, si je le souhaite.
G. S.