
Lire le Japon vous invite aujourd’hui à (re)découvrir une oeuvre de Florent Chavouet, un artiste illustrateur qui avait déjà permis à Espace Japon, centre culturel franco-japonais à Paris, de s’immerger dans les ruelles de Tōkyō mais aussi et surtout dans le quotidien d’une toute petite île de la Mer Intérieure, Manabe Shima :
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« une région où, à défaut des prairies, les villages sont séparés par des courants marins, et où les clochers sont des phares. »
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L’été n’est peut-être pas pour tout de suite mais Florent Chavouet nous y transporte, armé de ses crayons de couleurs et de son humble mais redoutable sens de l’observation, dans sa mi-BD mi-carnet de voyage remplie de bébêtes de toutes tailles et surtout d’adorables anecdotes, fruits de ses rencontres avec les attachants et généreux habitants de Manabe Shima (cigales comprises) !
Arrivé un peu au hasard, un peu par curiosité, il déposa ses valises à l’étage d’une petite auberge familiale et ne les refermera que deux mois plus tard, le temps de se perdre, carnet à la main, pour y croquer ce qui se passait là, devant ses yeux, le quotidien d’un été sur cette île avec sa flore omniprésente et ses folles festivités.
Alors on explore ce village au fil des pages, au fil des portes entrouvertes, des regards qui se croisent et des boissons fraîches qui se partagent. On fait connaissance avec la faune en jouant à un « Où est Charlie » géant parmi les crabes et les chats. On se perd dans les croquis aux perspectives immersives de la maison de Reizo-San ou du boui-boui d’Ikkyu-San. On découvre le lexique du potager local et on rêve de mordre à pleines dents dans ce quartier de pastèque. Nos cinq sens en éveil, le temps semble ralentir, se suspendre au rythme des parties de shōgi et des marais, et laisse alors doucement la nostalgie s’installer, parce qu’on aimerait encore et encore observer les lumières crépitantes des feux d’artifice.
Comme un dernier cadeau, notre explorateur-artiste a déposé à la fin de son livre une grande carte détachable du village, sur laquelle est crayonné un condensé de tous nos jolis souvenirs partagés. Il paraît même qu’elle serait maintenant accrochée à l’entrée du port de l’île pour accueillir les prochains baigneurs en soif d’une vie douce, goût shōchū.
Bon voyage !