Close Menu
    Facebook X (Twitter) Instagram
    Facebook Instagram
    Zoom Japon
    S'identifier
    S'abonner
    0 Shopping Cart
    • À la Une
    • Magazine
      • Abonnement
      • Archives PDF
      • Distribution
    • Dossiers
    • Actu
    • Culture
    • Gourmand
    • Voyage
    • Petites annonces
    • Boutique
    • Japonais
    Zoom Japon
    0 Shopping Cart
    Accueil » Actu » Yuki onsen, source de bonheur
    Voyage

    Yuki onsen, source de bonheur

    Par Angeles Marin Cabello et Steve John Powell19/05/2026
    Facebook Email

    Parution dans le n°157

    Yuki Onsen - Angeles Marin Cabello - Zoom Japon

    La petite ville de Yuki, perdue dans les montagnes à quelques encâblures seulement d’Hiroshima.

    Le Japon abrite plus d’une centaine de volcans actifs. Cela représente 10% du total mondial. Vivre sur une terre aussi sismiquement active présente cependant un avantage : l’abondance de sources chaudes !

    Depuis les somptueux complexes hôteliers jusqu’aux rustiques cabanes de bois nichées au cœur des montagnes, elles se comptent ici par milliers. L’attachement du Japon aux vertus curatives des onsen (sources thermales) remonte à des siècles.

    La légende attribue au moine bouddhiste, artiste et érudit Kōbō Daishi (774-835), la fondation de nombreux onsen pour soigner les malades, et même la création de certains d’entre eux en frappant le sol de son bâton magique.

    Se rendre, se prélasser et se ressourcer dans un onsen est l’un des passe- temps favoris des Japonais pendant leurs congés. Cette baignade est pratiquée avec une révérence quasi sacrée. Rien d’étonnant, lorsque l’on sait que la propreté et l’hygiène constituent un élément fondamental des deux religions du Japon — le bouddhisme et le shintoïsme.

    Les onsen sont un ravissement en toute saison. En hiver, trouvez un bain extérieur et abandonnez-vous à l’eau brûlante, contemplant un paysage de neige tandis que le vent glacé effleure votre peau presque ébouillantée. En été, installez-vous et regardez Jupiter s’élever au-dessus des îles constellées de reflets lunaires de la mer intérieure. Dans les deux cas, l’expérience est sublime et vous laisse régénéré, purifié, revitalisé.

    Après la baignade dans les bains de la station, une balade dans les ruelles de la ville est chaudement recommandée.

    YUKI, PAS QU’UNE EAU SALVATRICE

    Dans la préfecture d’Hiroshima, la source chaude la plus renommée se trouve dans la ville de Yuki, au cœur des montagnes de Chûgoku. Elle fut découverte dès le VIe siècle, lorsque des villageois remarquèrent un héron blessé se baignant dans ses eaux tièdes. Bien plus tard, les seigneurs Asano, qui gouvernèrent la région d’Hiroshima de 1619 à 1869, avaient aussi coutume de s’y rendre.

    Ce que les Asano ignoraient probablement, c’est que les eaux de Yuki comptent parmi les plus riches au monde en radon minéral, réputé bénéfique contre les rhumatismes, les troubles gastriques, les maladies de peau, et capable de dissiper le stress. Yuki est classée « Station thermale nationale de loisirs » depuis 1955.

    Au-delà de son histoire, la promesse d’eaux bienfaisantes, de lucioles et de forêts — qui couvrent 90% de la région de Yuki — à seulement une heure de route du centre d’Hiroshima, en fait une escapade idéale pour quiconque souhaite s’immerger dans la nature.


    De loin, l’itinéraire le plus pittoresque consiste à suivre la route 2 jusqu’à Hakushima, puis à emprunter la 433. C’est l’une de ces routes délicieuses qui serpentent et se tordent autour des montagnes comme la coquille d’un escargot. Très vite, vous vous élevez à travers d’épaisses forêts de pins. En regardant vers le bas, vous apercevez parfois de petits hameaux blottis sur les terres plates au bord de la rivière. Leurs toits de tuiles brunes scintillent au soleil, contrastant avec le vert éclatant des rizières environnantes. À un moment donné, une clairière dans la forêt dévoile une vue à couper le souffle sur l’île de Miyajima, loin en contrebas, avec son imposant portail torii vermillon paraissant minuscule face à la mer d’un bleu saphir.

    UNE NATURE FOISONNANTE ET PRÉSERVÉE

    À quelques minutes à l’extérieur de la ville de Yuki se trouve les gorges d’Ishigatani-kyō, l’une des nombreuses merveilles naturelles de la région. C’est un paysage alpin de toute beauté, fait de rivières tumultueuses et de formations rocheuses presque irréelles. La rivière y creuse une gorge étroite de sept kilomètres à travers des montagnes escarpées, assombries par une forêt dense. Descendez parmi les rochers jusqu’à la rivière et glissez un instant sous ses eaux fraîches et cristallines.

    Après vous être séché au sommet de l’un des nombreux rochers qui jonchent le lit de la rivière, poursuivez votre marche à travers ce décor spectaculaire, où des cascades se déversent dans de profonds bassins turquoise. Mais lorsque le soleil décline derrière les sommets, il est sage de poursuivre votre route. La nuit tombe vite dans ces montagnes, et il ne ferait pas bon se retrouver seul dans ces hauteurs assombries — lorsque les créatures nocturnes sortent rôder sur leur territoire. Sangliers, assurément. Ours, peut-être.

    LE REPOS DE L’AVENTURIER

    À votre arrivée à Yuki, un manteau mystique de brume flottant au-dessus de la rivière Minochi-gawa vous offre un accueil presque irréel. Vous vous enregistrez au Yuki Lodge, l’un des nombreux onsen du village. Le Guide Michelin, avec une retenue suprême, le décrit comme « très confortable ». Dans votre chambre, vous savourez le thé vert et les gâteaux lais- sés pour vous sur la table basse — seul mobilier de la pièce aux tatamis, hormis une télévision.

    Au rez-de-chaussée, dans la salle à manger, vous découvrez que votre dîner a déjà été préparé pour vous, sur une table portant une carte à votre nom. Et quel spectacle réjouissant pour accueillir des marcheurs fatigués : un festin multicolore de poissons grillés et crus, de nouilles froides, de côtelettes de porc tonkatsu, de salades, de riz, de soupe, et d’une telle profusion de petits plats de sauces que vous devrez deman- der conseil à la serveuse.

    Après avoir pris le temps de savourer ce repas, vient enfin le moment de plonger votre corps fatigué dans les fameuses eaux au radon. Essayez d’abord le bassin chaud (environ 40 degrés), où une cascade martèle sans pitié le haut de votre dos. Dans un autre bassin, des jets de balnéo- thérapie d’intensités variées chassent la douleur de vos lombaires, tout en massant vos cuisses, vos pieds et votre ventre. Si la chaleur devient trop intense, glissez-vous dans le bassin frais jusqu’à ce que vous soyez prêt à renouveler l’expérience.

    Une heure plus tard, vous en ressortez rayonnant, comme renaissant, le visage aussi rose qu’une crevette fraîchement ébouillantée, et le corps réduit à une douce gelée tiède. Inspiré, et désireux de découvrir davantage la ville, vous enfilez votre yukata (kimono en coton) et sortez dans la nuit étoilée, où l’air de la montagne paraît merveilleusement frais sur votre peau encore brûlante. Le seul bruit, en dehors de la symphonie des grenouilles et des grillons, provient de vos sandales de bois qui claquent sur les rues désertes. De petites lanternes orangées brillent le long de la rivière, tandis qu’une grande lune jaune se lève, découpant la silhouette des pins sur les crêtes des montagnes — ces mêmes crêtes que les seigneurs d’Asano contemplaient jadis.

    Des activités de canyoning sont aussi proposées dans les cascades d’Ishigatani-kyō.

    OHAYŌ GOZAIMASU (BONJOUR) !

    Le lendemain matin, il vaut la peine de se lever tôt pour une promenade avant le petit-déjeuner dans les rues du village. De petits ponts rouges enjambent la rivière Minochi-gawa qui babille à travers
    le village ; certaines maisons, ainsi que plusieurs hôtels, donnent directement sur ses rives, tandis que les cerisiers qui la bordent viennent parfaire ce tableau idyllique.

    De l’autre côté de la route principale, vous apercevez ce qui ressemble d’abord à un arrêt de bus rustique — un simple banc abrité par une structure en bois. Mais il s’agit en réalité d’un ashi-yu — une invention merveilleuse qui permet de s’asseoir et de tremper ses pieds dans un bassin de pierre alimenté par l’eau chaude de la source, tout en contem- plant la scène paisible qui vous entoure.
    De retour au Lodge, le petit-déjeuner comprend ce matin-là du riz, des pickles, des œufs crus, du lait et de délicieuses tranches de saumon que vous faites griller vous-même sur un petit gril personnel. Convenable- ment rassasié, vous demandez au personnel attentionné de la réception des suggestions sur ce qu’il y a à voir dans la région. Sans la moindre hésitation, ils recommandent le légendaire Shihonsugi, un ancien cèdre dont le tronc se divise en quatre.

    « Et il ne s’agit pas de n’importe quel cèdre à quatre branches », ajoutent-ils avec enthousiasme. Il figure parmi les cent plus grands arbres du Japon, avec une circonférence impressionnante de 14 mètres et un âge estimé à 400 ans.

    Cette merveille naturelle se trouve à cinquante minutes de marche du sommet du mont Tōgō (977 mètres), à une courte distance en voiture de Yuki. Au moment même où vous trouvez le sentier qui marque le début de l’ascension du mont Tōgō, un grondement de tonnerre se fait entendre au loin, et une pluie intense commence à tomber. Les tempêtes soudaines et violentes font partie de la vie ici. Mais il est trop tard pour renoncer.

    L’entrée du sanctuaire Yahata avec ses torii jumeaux.

    ENFIN, LA RÉCOMPENSE…

    Ignorant la pluie, vous poursuivez votre montée à travers l’épaisse végétation de fougères. La forêt, étouffante et humide, est si dense que les arbres occultent le ciel. Trois heures plus tard, vous parvenez à une clairière où un spectacle stupéfiant s’offre à vous. La pluie, brève mais torrentielle, a laissé place à un soleil éclatant, et une brume épaisse enveloppe désormais les pentes de la montagne, montant vers vous à une vitesse inquiétante. Puis, l’espace d’un instant, la brume se déchire, révélant un village et la rivière serpentant dans la vallée, des centaines de mètres plus bas.

    Vous continuez votre ascension le long d’un sentier interminable de marches grossièrement taillées. Alors que vous commencez à envisager d’abandonner, l’arbre fabuleux se dresse enfin devant vous. Et quel spectacle saisissant : si immense que la célèbre division en quatre du tronc ne commence qu’à quatre mètres au-dessus du sol. En levant les yeux vers ce géant majestueux, il devient tout à

    fait compréhensible que, dans le shintoïsme, les phénomènes naturels tels que montagnes, rivières, rochers et arbres — en particulier les spécimens aussi remarquables que celui qui vous domine à présent — soient considérés comme des kami, des divinités !

    L’âme emplie de nature, vous entamez la descente au moment où le soleil commence à se coucher. Sur le chemin du retour, arrêtez-vous au sanctuaire Yahata, avec ses torii jumeaux, et admirez les pein- tures anciennes sur panneaux de bois à l’intérieur, représentant des scènes mythiques.

    POUR BIEN CONCLURE…

    Un autre festin vous attend pour le dîner. Il commence par un sukiyaki — des plats individuels garnis de viande et de légumes à cuire à table sur votre propre petit réchaud — suivi de spécialités locales telles que le yamafugu (poisson-globe de montagne, à base de gelée de konjac), un assortiment de tempura, et de l’ayu (poisson d’eau douce de la rivière locale), ainsi qu’un délicieux éventail de petits plats, si joliment disposés qu’il semble presque dommage d’y toucher.

    Cette nuit-là, vous vous abandonnez une nouvelle fois à la fonte dans le onsen. Cette fois, dans le bassin extérieur, au bord de la rivière Minochi- gawa et des bois denses qui la bordent. Les lumières du grand bain diffusent une douce clarté sur les arbres, créant une sérénité parfaite. « Un pas au-delà, c’est l’obscurité », dit un ancien proverbe bouddhiste. Mais, contemplant le paysage tandis que les eaux chaudes vous enveloppent, vous n’éprouvez qu’un profond sentiment de paix et de bien-être. ●

    Accès

    Yuki Onsen, Yuki Lodge
    📍 2563-1 Ōaza Tada, Yuki-chō, Saeki-ku, Hiroshima, 738-0721.
    🚍 Une navette gratuite pour le Yuki Lodge part de la sortie nord de la gare d’Hiroshima en semaine à 13 h 30. Un seul départ par jour. Réservation obligatoire.

    Hiroshima Onsen 157

    A lire

    Voyage

    Les sites sacrés des monts Kii, une traversée intérieure

    06/03/2026Par Service communication
    Lire la suite
    Voyage

    Un concentré de beauté

    02/03/2026Par Gabriel Bernard
    Lire la suite
    Voyage

    Hiroshima ou la culture de la paix

    02/01/2026Par Angeles Marin Cabello et Steve John Powell
    Lire la suite
    Voyage

    Alex Kerr, conservateur en chef (2/2)

    31/10/2025Par Gianni Simone
    Lire la suite
    Voyage

    Alex Kerr, conservateur en chef (1/2)

    01/09/2025Par Gianni Simone
    Lire la suite
    Voyage

    Bons baisers de la mer Intérieure

    04/07/2025Par Steve John Powell et Angeles Marin Cabello
    Lire la suite
    Facebook Instagram
    • Home
    • Qui sommes nous
    • Contact
    • Politique de confidentialité
    • 日本語
    © 2026 Ilyfunet communication

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.