Article réalisé en partenariat avec la préfecture de Miyagi

Depuis la catastrophe de mars 2011, à Zoom Japon, nous suivons de près la reconstruction de cette partie du Japon. Et cela fait bientôt quinze ans que nous nous y rendons régulièrement. Au départ, nous y allions pour couvrir les zones sinistrées. Puis nous sommes tombés amoureux de l’esprit des habitants, de la nature et de la richesse de la gastronomie locale, à tel point que lorsque nous allons au Japon, nous passons désormais par cette région avant d’aller ailleurs. C’est pourquoi nous espérons vous donner envie de découvrir cette région et d’y trouver, vous aussi, un lieu auquel vous resterez attachés.

En route !

Depuis Tōkyō, le plus simple est de passer par Sendai, accessible en 90 minutes via le Tōhoku Shinkansen. Attention toutefois aux trains comme le Yamabiko, dont certaines voitures sont séparées en cours de route. Après avoir fait l’erreur une fois, nous privilégions désormais le Hayabusa ou le Komachi ! Une fois dans le train, profitez d’un ekiben (bento vendu en gare) en regardant défiler les paysages du nord du Japon. Pour voyager plus sereinement, mieux vaut éviter de partir tôt le matin en semaine : les trains sont souvent remplis de salariés et l’ambiance est moins détendue.

À l’arrivée à Sendai, malgré la tentation des spécialités régionales vendues en gare, direction la ligne Senseki. Par la fenêtre de ce petit train, nous apercevons parfois les petites îles qui semblent flotter sur la mer et qui font la renommée de Matsushima. On aurait presque envie de s’arrêter déjà. C’est une possibilité. Mais rendons-nous jusqu’au terminus : Ishinomaki, une excellente base pour découvrir la région.

Une côte à vivre et à goûter

Ishinomaki
La ville est vaste, mais pour une première visite, mieux vaut rester autour du centre que les habitants appellent « Machinaka », jusqu’au front de mer. Le Mangattan est l’édifice emblématique de ce quartier. Avec sa forme de vaisseau spatial posé au bord du fleuve Kitakami, ce musée consacré au roi du manga Ishinomori Shôtarô a de quoi séduire toutes les générations, même les personnes peu passionnées de manga. Si vous aimez la culture plus traditionnelle, direction la colline de Hiyori. Au sommet se trouve le sanctuaire éponyme, réputé pour son énergie spirituelle et célèbre pour ses cerisiers au printemps. Il offre un panorama sur la ville et la mer. C’est ici que de nombreuses personnes se sont réfugiées pendant le tsunami. D’ailleurs, pour mieux connaître ce triste passé, il faut visiter le centre mémoriel donnant sur la mer et les vestiges de l’école primaire de Kadonowaki. Après cela, les paysages d’Ishinomaki prennent une toute autre profondeur. Vous allez mieux apprécier les bâtiments au charme nostalgique de l’ère Shôwa ainsi que les petits commerces tournés vers la revitalisation locale. Le café Irori, où se croisent habitants et artistes, ou encore le Theater Kinematica, cinéma indépendant aménagé avec les moyens du bord par des jeunes dans un ancien local vacant prêté par des habitants âgés, en sont de beaux exemples.

Que manger ici ? D’abord, inutile de chercher compliqué : les sushis et les sashimis sont incontournables. Leur fraîcheur joue dans une autre catégorie, dans presque n’importe quel restaurant (du moins pour nous, les touristes). Pour le reste aussi, difficile de se tromper. Mais pour une première visite, notre cantine Genki Shokudō située au premier étage du marché Genki Ichiba est très accessible pour goûter aux spécialités locales, toute la journée : tentez les plats à base d’huîtres : grillées, panées, etc. Pour les amateurs de ramen, Kikaku est incontournable. Ce petit restaurant connu pour sa soupe au maquereau local se trouve un peu à l’écart et nécessite une voiture. Mais nous y venons aussi pour son vieux propriétaire : même lorsque vous commandez autre chose, il finit toujours par vous suggérer son ramen, mine de rien ! 

Le soir, de nombreux izakaya (bistrots) vous attendent à Machinaka.

Onagawa
Le terminus de la ligne Ishinomaki. Depuis sa gare conçue par l’architecte Ban Shigeru, équipée d’un onsen à l’étage, une promenade mène tout droit vers le port, bordée de petits commerces et de restaurants. Cette petite ville portuaire, elle aussi dévastée par le tsunami, a choisi de se reconstruire sans tourner le dos à la mer. Nous aimerions pouvoir dire que nous retournons toujours à Onagawa pour cette ambiance tournée vers l’avenir. Mais impossible de ne pas mentionner le délicieux bol Onagawa-don de la poissonnerie Okasei : une montagne de poissons et de fruits de mer d’une fraîcheur incroyable posée sur un riz vinaigré lui aussi exceptionnel.

Ogatsu
Pour découvrir cette côte à rias en franchissant les cols de montagne, mieux vaut louer une voiture. 

À l’arrivée à Ogatsu, nous sommes d’abord frappés par les immenses digues de béton qui entourent aujourd’hui la baie, parfois transformées en gigantesques toiles à ciel ouvert par le projet « Musée du littoral ». Là où la mer réapparaît enfin se trouve le centre d’activités de la ville. Nous y découvrons un petit musée consacré aux pierres à encre fabriquées en ardoise d’Ogatsu, une ardoise qui a aussi servi à restaurer le toit de la gare de Tōkyō. Un jour, nous avons demandé à un local devenu ami si ces pierres n’étaient jamais volées dans la montagne. Il nous a répondu : « Même si c’était le cas, ça ne serait pas grave. Car la vraie valeur de cette pierre, ce n’est pas la matière, mais le savoir-faire. » Nous pouvons aussi acheter des objets fabriqués en ardoise sous différentes formes. Pour notre part, nous avons ramené en France un petit plateau qui fait toujours son effet. Ensuite, prenez le temps de traverser les petits villages de pêcheurs des alentours. Derrière les digues se cachent de magnifiques plages silencieuses.

Une nature à respirer et à explorer

Oku-Matsushima
Nous avons découvert qu’il existait plusieurs itinéraires de randonnée regroupés sous le nom de « Miyagi Olle ». Justement, l’un de ces parcours permet d’explorer de plus près les paysages côtiers aperçus depuis la fenêtre du petit train de la ligne Senseki. Oh ! La prochaine fois, nous descendrons à la gare de Nobiru pour rejoindre cette boucle d’environ 10 km autour d’Oku-Matsushima et de l’île de Miyato, entre îles, forêts et traces de l’époque Jōmon remontant à environ 6 800 ans ! Pour ceux qui préfèrent le vélo, il est aussi possible d’en louer sur place. Nous hésitons ! 

Péninsule d’Oshika et Kinkasan
Pour ceux qui aiment les randonnées un peu plus sportives, direction cette fois Kinkasan, une île sacrée, vénérée depuis des siècles et située au bout de la péninsule d’Oshika. Ce parcours d’environ 2 heures traverse une nature plus sauvage, avec, depuis le sommet, une vue spectaculaire sur l’océan Pacifique.

Vous préférez la mer aux sentiers ? Du côté de la péninsule, Nakano Kayak propose des parcours en kayak pour tous les niveaux ! Si, comme nous, vous aimez aussi l’art, vous aurez sans doute un faible pour l’immense sculpture White Deer (Oshika) de Nawa Kōhei, dressée sur une plage d’Oshika. Créée pour le Reborn-Art Festival, elle semble se fondre dans le paysage comme si elle avait toujours été là. À vous de la trouver !

Île de Tashiro
Depuis Oshika, il est également possible de rejoindre Tashiro-jima, plus connue sous le nom d’« île aux chats », où de nombreux chats vivent en liberté. Ils ont d’autant plus de chance de vivre là qu’au large d’Oshika, les poissons péchés sont estampillés « origine Kinkasan » et sont recherchés pour leur qualité supérieure…

Séjours insolites

Au fil des années, des habitants nous ont fait découvrir des villages de pêcheurs et bien d’autres lieux de la région. Nous nous sommes souvent dit qu’il devrait exister une manière de partager ces rencontres avec davantage de visiteurs étrangers n’ayant pas de contacts sur place. Ce que nous imaginions, Momonoura Village l’a réellement concrétisé dès 2013. Situé sur la péninsule d’Oshika, ce lieu communautaire propose des programmes mêlant hébergement, échanges humains et expériences autour de la mer et de la forêt, tout en portant une réflexion sur les questions environnementales et la régénération de la nature. Si nous avions connu ce genre d’endroit à l’époque où nous étions étudiants, nous aurions peut-être vu le monde autrement. Pour un séjour plus tranquille, nous pouvons aussi séjourner à Oppawan Terrace, aménagé dans d’anciens logements temporaires construits après le tsunami puis reconvertis sur les hauteurs face à l’océan Pacifique.

À votre tour

Nous retournerons certainement quelques jours à Miyagi cet été. Et si vous aussi envisagez un séjour dans cette région, nous serions ravis d’avoir de vos nouvelles et de lire vos impressions de voyage. 

L’équipe de rédaction de Zoom Japon

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