Article réalisé en partenariat avec la préfecture de Hiroshima.

Choisie cette année pour accueillir les évaluations de la catégorie saké de l’International Wine Challenge (IWC), l’un des grands concours internationaux du secteur, la préfecture de Hiroshima compte aujourd’hui parmi les grandes terres de saké du Japon. Mais ici, le saké ne se résume pas à une spécialité locale : il fait partie du paysage, du climat et même du rythme des saisons.
Saijō, la ville du saké
Pour s’en rendre compte, il suffit de rejoindre Saijō, à une quarantaine de minutes en train de la capitale préfectorale. Situé à Higashihiroshima, ce quartier est l’un des rares au Japon à concentrer autant de brasseries de saké dans un même périmètre. Ses murs blancs et ses hautes cheminées de briques rouges rappellent l’importance qu’y occupe le brassage depuis des générations.



À quelques minutes de la gare, les visiteurs passent d’une brasserie à l’autre, franchissant les rideaux noren, entre dégustations, ruelles paisibles et cafés aménagés dans d’anciennes brasseries. Une odeur de fermentation flotte dans les rues. Des employés transportant le riz ou des brasseurs discutant des cuvées de l’année font toujours partie du paysage quotidien. Ici, le saké n’appartient pas seulement au patrimoine local : il reste une activité bien vivante.



Aux origines du ginjō moderne
Les sakés de Hiroshima doivent leur personnalité à la rencontre de plusieurs éléments.
Les riz à saké cultivés dans la préfecture bénéficient notamment d’importants écarts de température entre le jour et la nuit, favorisant la production de riz de qualité. À cela s’ajoute une eau particulièrement pure, issue des couches granitiques des monts Chūgoku. Les hivers froids de l’intérieur des terres offrent également des conditions idéales pour un brassage de précision. Les brasseurs de la région ont ainsi développé des techniques adaptées à ces conditions, transmises et perfectionnées au fil des générations. À la fin du XIXe siècle, un travail minutieux sur le kōji, un ferment à base de riz, a notamment permis d’affiner progressivement les techniques de fermentation et d’en mieux maîtriser les différentes étapes. L’association de ces conditions naturelles et du savoir-faire des brasseurs a largement contribué à l’essor du style ginjō, aujourd’hui reconnu pour ses arômes délicats et son caractère raffiné.

Des sakés pour chaque table
La diversité des paysages de Hiroshima se retrouve naturellement dans ses sakés. Entre la douceur du littoral de la mer intérieure de Seto, les reliefs des monts Chūgoku et les campagnes de l’intérieur des terres, la région réunit des climats et des cultures culinaires particulièrement variés. Certaines maisons produisent des sakés amples et structurés, tandis que d’autres développent des profils plus aromatiques et contemporains, pensés pour être dégustés dès l’apéritif ou servis à table tout au long du repas, comme un vin. Huîtres charnues de Hiroshima, poissons frais ou grillés, plats mijotés, cuisine kaiseki ou tables modernes : selon les plats, la température de service ou le verre choisi, le saké révèle des nuances très différentes.

Le goût d’un terroir
Bien sûr, le saké se déguste avant tout pour le plaisir, même chez soi. Mais à Hiroshima, il offre aussi une autre façon de découvrir la région. Des ruelles de Saijō aux saveurs de la mer intérieure de Seto, il accompagne le voyage et révèle peu à peu le caractère de cette terre de saké. Une invitation à regarder Hiroshima autrement, verre en main, au fil des rencontres et des dégustations.

La catégorie saké de l’International Wine Challenge (IWC) célébrait cette année son 20e anniversaire. Connu pour la rigueur de son concours dédié au vin, cet événement international réunit chaque année experts du saké, sommeliers, brasseurs et acheteurs venus du Japon et de l’étranger afin d’évaluer les sakés lors de dégustations à l’aveugle, sans indication sur les marques, les producteurs ou les prix.
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Photo fournie par Keisuke Irie
La cérémonie de remise des prix s’est déroulée dans une ambiance décontractée mais studieuse. Les 70 juges, originaires de 21 pays et régions, ont évalué un nombre record de 1 738 sakés en compétition, signe de la vitalité du secteur et de l’intérêt croissant qu’il suscite à l’international. La diversification de l’offre se poursuit également. Une nouvelle catégorie, « Flavoured Sake », a ainsi été créée. Parmi les sakés récompensés d’une médaille d’or, la brasserie Hayashi, fondée en 1806 sur une île de la ville de Kure, dans le sud de la préfecture de Hiroshima, s’est vu attribuer le trophée, la plus haute distinction de la catégorie. Son umeshu, élaboré à partir de saké, séduit par sa belle couleur ambrée. Selon Hayashi Hidenori, président de la brasserie, la production est limitée à environ 500 bouteilles par an en raison des variations des récoltes de prunes cultivées à Akitsu, sur les rives de la mer intérieure de Seto.



Lauréat du trophée de la catégorie « Flavoured Sake » à l’IWC Sake 2026
Mitaniharu Umeshu Jun
Type : Umeshu (liqueur de prune) à base de saké
Alcool : 10 %
Prunes : Akitsu (Hiroshima)
Profil : Doux, légèrement riche, aux arômes généreux de prune.
Accord : Idéal à l’apéritif, il accompagne également les repas en mettant en valeur les saveurs des plats.

M. Ōhashi Kenichi, coprésident de la division saké de l’IWC, explique que si le saké était autrefois perçu avant tout comme le vin que l’on servait à la table des restaurants japonais, il est désormais apprécié pour ses propres qualités gustatives. Mme Yokota Mika, la gouverneure de la préfecture de Hiroshima, s’est quant à elle réjouie des retombées économiques pour sa région d’une telle manifestation ainsi que de son rayonnement international.

Découvrir les sakés de Hiroshima
Association des brasseurs de saké d’Hiroshima
En savoir plus sur l’IWC SAKE
International Wine Challenge 2026 Sake
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