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    Accueil » Actu » Entreprise : Caterina ne connaît pas la crise » Page 2
    La Terre sainte de l’otakisme

    Entreprise : Caterina ne connaît pas la crise

    Par Jean Derome02/07/2017
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    Parution dans le n°72 (juillet 2017)

    En 2015, Caterina Rocchi a passé neuf mois seule dans l’archipel où elle a appris la technique du manga et a travaillé comme assistante du défunt Mochizuki Mikiya, auteur du classique manga d’action policière Wild 7 [inédit en français. Seule l’adaptation animée est disponible chez Kazé] et Machine Hayabusa [inédit en français]. “J’ai rencontré Mochizuki-sensei grâce à mon professeur de manga”, raconte-t-elle. “Je me suis d’abord inscrite au Yoyogi Animation Gakuin, à Tôkyô. Là, j’ai fait la connaissance de Matsuda Ikuo qui est devenu mon mentor. Lorsqu’il a ouvert sa propre école, la Yokohama Manga Kyôshitsu, je l’ai suivi. Matsuda avait été un assistant de Mochizuki. Il me l’a présenté quand il a entendu dire qu’il cherchait de nouveaux assistants. Il m’a demandé si je voulais travailler autour de la nourriture. Il se rendait dans différents restaurants et écrivait à leur sujet tandis que je dessinais une page dans laquelle je faisais part de mes impressions en tant qu’étrangère sur la nourriture, ma vie au Japon, etc. Je le rencontrais chaque week-end pour lui montrer mes dessins, essayant au cours des deux-trois premiers mois de trouver la bonne approche. Mais le travail mis à part, j’ai vraiment aimé passer du temps avec lui. C’était un être brillant, plein de chaleur. Quand je l’ai rencontré pour la première fois, sa santé était déjà déclinante, et j’ai été vraiment triste quand il est décédé l’année dernière”, ajoute-t-elle.
    La Lucca Manga School est née de sa volonté d’améliorer ses compétences en dessin tout en vivant en Italie. “J’étais encore au lycée à l’époque (j’avais seulement 17 ans) et je ne pouvais pas me rendre à Florence deux fois par semaine pour assister aux cours de l’École internationale de bande dessinée – qui, soit dit en passant, ne se spécialise pas dans le manga. J’ai donc eu l’idée d’inviter des professeurs de manga ici pour donner des cours pendant le week-end. Cette formule s’est révélée la bonne parce qu’elle permet aux personnes qui sont encore à l’école ou qui ont déjà un emploi de venir même si elles ne vivent pas à Lucques.” Parmi les enseignants de l’école, figurent quelques Japonais, en commençant par Matsuda-sensei qui vient régulièrement depuis que leurs écoles ont conclu un partenariat. “Chaque année, nous essayons d’inviter au moins un professeur du Japon ou un mangaka professionnel”, explique-t-elle. “Cette année, par exemple, il s’agit de Matsuba Hiro. J’ai eu la chance d’assister à un de ses cours à Yokohama et j’ai réussi à le convaincre de venir ici.”
    L’une des caractéristiques principales de la Lucca Manga School est de proposer des “modules” courts d’enseignement. “L’école est née autour de l’idée de cours de 2 à 3 jours auxquels les étudiants pourraient participer pendant le week-end”, confie-t-elle. “Bien sûr, nous avons des cours d’initiation pour les débutants, mais nous proposons des cours thématiques que les étudiants peuvent choisir en fonction de leurs besoins et de leurs intérêts. Nous avons récemment lancé un cours sur deux ans pour les gens les plus motivés qui aspirent à devenir des professionnels du manga.”
    L’école est une réussite. Elle attire des étudiants de toute l’Italie (et même quelques étrangers). En revanche, Caterina Rocchi a découvert que gérer une entreprise en pleine croissance était un emploi à temps plein, lui laissant beaucoup moins de temps pour se consacrer à son art. “C’est vrai, j’ai très peu de temps pour dessiner et créer mes histoires”, dit-elle. “Mais, je travaille actuellement sur un projet autobiographique pour un éditeur japonais. Même si j’aime la bande dessinée en général, le manga reste mon style préféré. J’aime aussi la façon de travailler des Japonais qui commencent par identifier un lectorat avant de créer pour lui une histoire. C’est une vraie industrie qu’ils considèrent avec sérieux. Comme moi.” J. D.

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