
Le célèbre metteur en scène de théâtre Toshizo Fujiwara est rare au cinéma, et il convient de saluer la sortie en France de Mikuzu Modan (japonisation de « Mix Modern »), son deuxième film en 12 ans. Il y interprète lui-même un tenancier d’auberge qui prend sous son aile un jeune voyou tout juste sorti de prison. Rencontre express avec Fujiwara, de passage à Paris.
Mizuku Modan est adapté de l’une de vos pièces. Pourquoi avoir choisi de porter cette oeuvre sur grand écran ?
C’est une pièce que j’ai écrite il y a 7 ans, mais son contenu a beaucoup changé. Le théâtre est une affaire de mots, alors qu’au cinéma on peut s’en passer. Le spectateur pourra toujours comprendre ou interpréter les choses. J’ai eu envie de reconvoquer cette oeuvre, mais cette fois pour le cinéma.
Le jeune Daiki Ido a une présence impressionnante. Comment l’avez-vous trouvé, et comment avez-vous travaillé avec lui ?
Pour jouer le jeune protagoniste, j’ai fait passer beaucoup de castings. Le processus a été très long. Ce qui est important pour moi, c’est la personnalité des acteurs. Une fois sur le projet, je leur demande de se détacher du scénario et d’utiliser leurs propres mots.
Revenir au cinéma après une si longue absence était-il difficile ?
Avant de tourner le film, j’ai organisé une répétition de 2 mois avec tous les acteurs, comme pour une pièce. Cela leur a apporté beaucoup. De mon côté, je n’avais rien tourné depuis 12 ans, mais je n’ai cessé de faire des mises en scène pour le théâtre. Mon approche du cinéma et du théâtre étant la même, tout s’est passé de manière fluide.
Comment travaillez-vous avec votre équipe technique ?
J’ai travaillé pour la première fois avec mon chef-opérateur il y a 12 ans, et je lui ai demandé de rejoindre l’équipe. J’aime beaucoup l’image naturelle, avec peu de lumière. Quant au monteur, eh bien j’ai fait une première version du montage pendant un peu plus de 6 mois, tout seul. Puis mon monteur m’a rejoint. Le montage est une étape très importante, et j’y prend beaucoup de plaisir.

Pascal-Alex Vincent