Cinéma : L’art de louer sa famille

En créant Family Romance, Ishii Yûichi voulait “offrir une forme de réalité plus parfaite”. / Ishii Yûichi

Vous avez une règle selon laquelle chaque membre du personnel de votre entreprise ne peut s’occuper que de cinq familles différentes à la fois. Néanmoins, il doit être difficile de changer de personnalité à chaque fois.
I. Y. : Il est absolument indispensable de maîtriser ses émotions et de contrôler en permanence son état mental. Bien sûr, on pourrait dire que ce que nous faisons relève du travail d’acteur. Mais il ne faut pas oublier que nous avons affaire à la vie réelle et nous avons ce que l’on peut appeler une responsabilité morale envers nos clients. Pour répondre à votre question, ce n’est donc pas facile, étant donné que je fais parfois même trois ou quatre boulots différents en une journée. Il y a des moments où je perds la notion de réalité et où je commence à me demander qui je suis vraiment. Par exemple, je peux être à la maison en train de regarder la télévision et je me retrouve à rire comme le père que j’ai joué la veille. Cela peut être assez effrayant. Je trouve que le meilleur antidote à ces crises d’identité est de passer du temps avec mes propres parents.

Ou bien vous pouvez partir en vacances pour vous dépayser complètement.
I. Y. : Malheureusement, je ne prends pas vraiment de vacances en ce moment, même s’il arrive que je voyage pour mon travail. Il y a quelque temps, par exemple, je suis allé au Vietnam parce que ma cliente voulait présenter son “mari” à ses proches. C’était encore un travail, mais au moins j’ai eu la chance de visiter un autre pays et de m’amuser un peu.


Propos recueillis par Gianni Simone

Référence
Family Romance, LLC, de Werner Herzog avec Ishii Yûichi, Tanimoto Mahiro. 1h29. En salles, le 19 août.