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    Accueil » Actu » Purekin
    Culture

    Purekin

    Par KOGA Ritsuko25/07/2017
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    Parution dans le n°72 (juillet 2017)

    Il était une fois, le Japon vivait dans une bulle spéculative. A cette époque dans les années 80, beaucoup d’entreprises ont introduit deux jours de repos par semaine. Ce qui n’était pas encore appliqué dans les écoles ! Lycéenne à l’époque, j’entendais les adultes parler de hanakin, l’abréviation de haha no kin’yôbi, qu’on peut traduire par “vendredi d’or”. L’expression résumait la liberté des salariés profitant du vendredi soir pour sortir boire et danser. J’aurais aimé alors en profiter, mais lorsque j’ai débuté dans la vie, le sens réjouissant de hanakin s’est évaporé avec l’éclatement de la bulle. Aujourd’hui, ceux qui l’utilisent encore sont vite associés à la “génération de la bulle”, autrement dit des “vieux”, car l’expression a fini par être classée dans la catégorie des mots démodés shigo, littéralement “vocabulaire mort” ! Je l’évite donc.
    En février 2017 est apparu un nouveau terme pour le vendredi. Il s’agit de Premium Friday. La campagne lancée par le gouvernement et les entreprises a pour objectif d’améliorer l’économie et de lutter contre l’excès de travail, responsable du phénomène karôshi ou “mort par excès de travail”. L’idée du projet était d’inviter les salariés à quitter leur bureau à 15h, le dernier vendredi de chaque mois, pour faire du shopping ou partir en voyage. Les Japonais l’appellent purefura ou purekin, deux termes ayant le même sens, mais c’est plutôt le dernier qui gagne du terrain. Trois mois sont déjà passés et cette pratique est encore peu suivie, ce qui n’est pas étonnant dans un pays où le débat du moment porte sur le Code de travail qui protège les salariés en limitant le plafond des heures supplémentaires à seulement 720 heures par an ! J’espère que purekin va rapidement s’enraciner pour que, lors de mon prochain séjour au Japon, je puisse dire à des amis tokyoïtes : “on prend un apéro à Shibuya ce purekin à 16h ?” sans qu’ils aient à déposer une demande de congé. En attendant, à Paris, je profite de ce que j’appelle le prefra (Premium France) pour tranquillement préparer mon long mois de vacances !

    Koga Ritsuko

    Nihongothèque 72

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