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    Cet autre Japon alternatif

    Cet autre Japon alternatif

    Par Gianni Simone01/12/2018
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    Parution dans le n°86 (décembre 2018)

    Implantée dans le quartier de Kamagasaki à Ôsaka, Cocoroom a été créée par la poétesse Ueda Kanayo. / Cocoroom

    Après la bulle financière et la crise qui en a découlé, une partie de la population requestionne les rapports sociaux.

    Il fut un temps où le Japon était littéralement en ébullition. Comme nous l’avons rappelé dans notre numéro d’avril 2018 (voir Zoom Japon n°79), le Japon des années 1960 était un pays troublé, déchiré par la lutte sans fin entre un gouvernement conservateur et le mouvement étudiant de gauche. Puis, au début des années 1970, les manifestants ont soit renoncé, soit basculé dans la clandestinité et pris pour certains la voie du terrorisme. Au cours des deux décennies suivantes, l’Archipel a disparu de la carte mondiale du militantisme social dans le contexte d’une amélioration de la situation économique et de l’adoption d’une approche hédoniste de la vie, ce qui a abouti aux folles années de la “bulle économique”.
    Mais depuis que la fête est finie, et avec l’émergence d’une économie à deux vitesses, on a vu apparaître une nouvelle catégorie de travailleurs précaires et de familles dans le besoin (voir Zoom Japon n°73, septembre 2017), un nombre croissant de personnes a redécouvert la culture du bricolage et de l’engagement social. Ce mouvement a encore été renforcé par la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, dont les implications politiques ont convaincu de nombreux Japonais à se tourner vers une forme de participation démocratique plus active.
    Alors que la mondialisation repose sur le consumérisme et l’exploitation sociale et économique, plusieurs associations nippones ont rejoint des mouvements similaires à l’étranger pour promouvoir un environnement plus humain, fondé sur la culture du don, de la collaboration et de la réciprocité.
    Plus important encore, comme l’a récemment expliqué l’écrivain Tsurumi Wataru dans un essai, les activistes japonais, à l’instar de leurs homologues étrangers, s’éloignent désormais de la protestation contre le système en place pour créer des modes de vie alternatifs. Dans ce numéro, vous découvrirez le Kunitachi 0-yen Shop de Tsurumi, à Tôkyô, l’espace alternatif Cry in Public situé à Mishima et l’orchestre punk Turtle Island qui évolue à Toyota. Il en existe beaucoup d’autres dans le reste du pays. En voici quelques exemples représentatifs :

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