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    Accueil » Actu » Gifu, l’appel du renard » Page 3
    Voyage, voyage

    Gifu, l’appel du renard

    Par KOGA Ritsuko03/06/2018
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    Parution dans le n°81 (juin 2018)

    L’entrée du sanctuaire se trouve au milieu de l’alignement des échoppes. Avant de le visiter j’y achète une petite bougie et un abura-age, du tôfu frit, à 50 yens (40 centimes) les deux. Je commence toujours par allumer la bougie dans une cabine vitrée où l’on brûle nos impuretés et celles du monde. Après, je me positionne face au pavillon principal décoré de grandes lanternes blanches. Je pose sur un grand plateau l’abura-age en offrande à l’esprit des renards (kitsune), les messagers de la divinité Inari. Puis, je lance une pièce de monnaie vers le coffre situé un peu plus loin. On dit que cela sert à marquer sa sincérité. Mais moi, depuis mon enfance comme beaucoup de personnes je le fais de manière égoïste en désirant qu’il réalise mon vœu. Malgré de nombreuses bougies allumées, mon impureté ne s’efface pas très bien ! D’ailleurs, au petit pavillon en face, vous trouverez plein de cartes de visite coincées entre des stores en paille. Elles sont laissées notamment par des commerçants de la région venus prier ce lieu réputé pour favoriser la prospérité des affaires. Il est à signaler qu’Ochobo-san lui-même est un des rares sanctuaires où l’on ne vend rien. C’est peut-être cette absence de commerce qui apporte une autre dimension aux messages spirituels. Côté mystérieux : on peut y voir les statues de paires de renards attachés les uns aux autres par de vieux bouts de tissus. Il y a aussi un arbre sur lequel sont plantées de vieilles chaussures qui me donne toujours des frissons (aujourd’hui il est caché par des cloisons). Ces rituels sont pratiqués ici depuis longtemps par ceux qui croient en la puissance de cet Inari et désirent “arrêter les pas” des personnes qui leur sont chères afin de les empêcher de partir loin ou encore pour les retrouver. Je me demande bien pourquoi j’y reviens plusieurs fois alors que je vis à des milliers de kilomètres de là !
    Ochobo-san n’est pas grand. On en fait le tour en moins d’une demi-heure. Pourtant, avec plus de 500 ans d’histoire, cet Inari accueille tous les ans environ 2,5 millions de visiteurs. Ils viennent et reviennent autant pour prier que pour baigner dans cette atmosphère nostalgique qui se dégage du sandô. Le généreux Ochobo-san est ouvert 24h sur 24, mais n’y soyez pas trop tôt ou trop tard si vous souhaitez profiter des charmes du quartier, le meilleur moment est le samedi après-midi. À savoir, le dernier jour de chaque mois, les commerces sont ouverts jusqu’à l’aube et les visiteurs inondent la ville.
    Je compte sur vous pour garder ce secret, en espérant que je ne serai pas maudite par ces renards de vous l’avoir révélé !
    Koga Ritsuko

    La rue principale est bordée de 150 boutiques. / Koga Ritsuko pour Zoom Japon

    Pour S’y rendre
    Au départ de la gare de tôkyô, empruntez le shinkansen jusqu’à Gifuhashima. De là, le plus simple est de prendre un taxi en précisant “Ochobo-san”. Comptez environ 3500 yens. Il est conseillé de laisser ses gros bagages à la gare.

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    Gifu 81

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