
Nozomi, 24 ans, travaille dans un konbini après avoir démissionné de son entreprise, éprouvée par un burn-out. Elle se laisse bercer par son nouveau quotidien monotone, sans parvenir à envisager l’après. Jusqu’au jour où elle reconnaît une ancienne camarade de lycée parmi les clients, qui va l’aider à sortir peu à peu de son inertie.
Le titre La Fille du Konbini n’est pas sans rappeler celui du roman de Sayaka Murata, La fille de la supérette. Que l’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas d’une adaptation, mais bien de deux récits distincts, qui n’ont pas grand-chose en commun hormis le décor du konbini. La traduction française a fait le choix de s’éloigner du titre original du film, Asa ga kuru to munashiku naru (« Tout me paraît vain lorsque vient le matin »), autrement plus fidèle à la mélancolie de l’œuvre.
D’une lenteur assumée, le film épouse le tempo de Nozomi et se fait le miroir de son intériorité. Le récit avance sans heurts, presque sans événements ; les tragédies des personnages ne sont jamais montrées à l’écran, seulement racontées au passé. La Fille du Konbini est avant tout une histoire de reconstruction, qui évoque timidement les difficultés à trouver sa place dans une société du travail qui ne tolère pas les écarts. En redonnant un rôle central à l’amitié, le film suggère que le salut n’implique pas nécessairement un retour à la « normalité », mais se trouve peut-être dans le lien humain, et dans la beauté des gestes les plus simples du quotidien.
La Fille du Konbini de Yūho Ishibashi avec Erika Karata, Haruka Imou. Durée : 1h16
Le 15 avril 2026 au cinéma.
Jeanne Vialtelle pour ZOOM Japon

