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    Accueil » Actu » Art : Au rythme des tambours de Kodô » Page 2
    Spécial Niigata Culture

    Art : Au rythme des tambours de Kodô

    Par Jean Derome07/03/2020
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    Parution dans le n°98 (mars 2020)

    Les membres de la troupe ont développé une très forte relation avec l’île de Sado et les communautés locales. / Okamoto Takashi

    Qu’appréciez-vous dans le taiko ?
    S. Y. : Tout d’abord, j’aime le fait qu’il possède une large gamme musicale, allant de sons à peine audibles à des sons d’une puissance incroyable, sans avoir à recourir à une quelconque amplification électrique. Il vous permet d’exprimer un large éventail de sentiments d’une manière très simple et directe. Pour dire les choses autrement, j’aime le physique de l’instrument : frapper le tambour et être à mon tour touché par son onde sonore me fait juste du bien.

    Vous êtes entré au centre de formation de la troupe en 2010 après avoir terminé vos études secondaires. Comment devient-on membre de Kodô ?
    S. Y. : Il n’y a pas de conditions préalables particulières. Tout le monde peut tenter sa chance à partir du moment où l’on est âgé de 18 à 24 ans. Lors de l’audition, plus que les compétences musicales, ils s’intéressent avant tout à votre force physique, votre endurance, votre kiai (esprit combatif) et vos compétences en communication. Ceux qui réussissent le test déménagent au village Kodô sur l’île de Sado. Ils vivent en communauté au centre de formation pendant deux ans afin d’y apprendre le taiko, la flûte de bambou, le chant et la danse, et d’autres arts traditionnels tels que le théâtre nô et kyôgen (forme comique de théâtre japonais) et la cérémonie du thé.
    Ceux, qui réussissent l’audition à la fin de ces deux années d’études, sont sélectionnés comme membres stagiaires juniors et passent une année supplémentaire de formation sur le tas. Cependant, seuls ceux qui réussissent l’examen final deviennent des membres à part entière de Kodô.

    J’imagine qu’il doit être très difficile d’aller jusqu’au bout de cette formation.
    S. Y. : Chaque année est différente, et il arrive parfois qu’aucune des personnes admises à faire la formation ne devienne membre à part entière. Dans mon cas, 22 des 25 aspirants stagiaires ont réussi la première audition, mais seulement sept d’entre nous ont réussi au-delà de la première année. Sur ces sept, quatre sont devenus membres juniors. Trois autres ont abandonné en cours de route. Je suis donc le seul des 22 prétendants d’origine à avoir été jusqu’au bout et à devenir membre de Kodô.

    Cela a-t-il été difficile de s’adapter à ce mode de vie alors que vous aviez 18 ans ?
    S. Y. : Le mode de vie et le programme d’entraînement au centre de formation sont particulièrement stricts et sévères, à commencer par les horaires. Il faut se lever très tôt le matin et la charge de travail, notamment au niveau de l’entraînement physique, est exceptionnellement élevée. Disons que si vous n’êtes pas complètement concentré et prêt à faire tout ce qui est nécessaire pour devenir membre de la troupe, il y a de fortes chances que cela débouche sur un échec.
    Évidemment, tous les aspirants stagiaires aiment la musique et les percussions, mais faire partie d’un groupe comme Kodô, surtout au début, n’a rien d’une partie de plaisir. En tant que stagiaire, j’ai dû aller jusqu’au bout de mes limites et faire face à mes lacunes. Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis retrouvé face à un obstacle. Je savais que je devais le franchir si je voulais réussir. Pour être franc, plus d’une fois j’ai pensé jeter l’éponge, mais je suis content de ne pas l’avoir fait.

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    Niigata Art 98

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