
Après son précédent film Love Life, drame familial qui avait cumulé plus de 100 000 entrées lors de sa sortie française en 2023, le réalisateur japonais Kōji Fukada signe son retour sur grand écran avec Love on Trial, en salles dès le mercredi 25 mars.
Cette fois, Fukada nous plonge dans l’envers de l’univers scintillant et coloré des idoles de la pop japonaise. Lorsqu’elle tombe amoureuse d’un ancien camarade de classe, Mai, star montante du groupe « Happy Fanfare », est assignée en justice par son agence pour avoir enfreint la clause de célibat de son contrat d’artiste. Face aux règles impitoyables du monde du divertissement et au système de justice inflexible qui se dresse devant elle, la jeune femme va devoir se battre pour défendre son droit à aimer.
Dans une ode poétique à l’émancipation, Kōji Fukada évite brillamment les écueils du sensationnalisme et livre un scénario intelligent et mature. La réalisation est soignée, avec quelques belles images et des personnages réalistes, imparfaits, portés par un jeu d’acteur sans excès. À travers la trajectoire de Mai, le film donne à voir les logiques sexistes structurant l’industrie du divertissement japonaise, où les femmes sont tenues de se conformer à une image de virginité puritaine afin d’alimenter, auprès des fans, un marketing fondé sur l’innocence et l’illusion d’accessibilité. Plus que des dérives, le reflet d’une société patriarcale encore bien ancrée au Japon, qui demeure le pays le plus mal classé des nations du G7 en matière d’égalité de genre.
Un regard d’une grande justesse sur l’industrie des idoles, qui trouve naturellement sa place dans la filmographie subtile du réalisateur.
Love on Trial de Kōji Fukada avec Erika Karata, Kyoko Saito, Yuki Kura. Durée : 2h03
Le 25 mars 2026 au cinéma.
Jeanne Vialtelle pour ZOOM Japon