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    Accueil » Actu » Kimono keisatsu
    Culture

    Kimono keisatsu

    Par KOGA Ritsuko12/05/2019
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    Parution dans le n°90 (mai 2019)

    A l’aube de l’ère Reiwa, nombre de Japonais ne savent pas revêtir seuls leur habit traditionnel, moi y compris. Mes beaux kimonos en soie hérités de ma grande-mère ne sont jamais sortis de l’armoire. Pourtant ce n’est pas si compliqué pour s’habiller. Il existe même des tutos vidéo sur YouTube. Alors pourquoi ne sommes-nous pas à l’aise avec cette tenue ? Beaucoup d’entre nous sont persuadés que le kitsuke, l’art de l’habillement en kimono, est très codé et nécessite une parfaite maîtrise. Pourtant, à l’origine, le kimono était un habit du quotidien pour tout le monde ! C’est sûrement à cause de l’ouverture, dans les années 1960-1970, des écoles de kitsuke inventant des “règles formelles” diffusées dans tout l’archipel, que le kimono a gagné une image de noblesse et perdu son usage populaire. Il y a environ 20 ans au Japon, quand je sortais en kimono avec des bottes, ma tante tombait des nues. Une autre fois, à l’extérieur, une dame m’a carrément refait le nœud de ma ceinture obi. Cela ne m’a pas gêné, mais à cause de cela, je n’ose plus porter cet habit sauf pour m’amuser à me déguiser en geisha à deux balles lors de soirées avec des Français. Désolée.
    Aujourd’hui, ces dames passionnées et conservatrices existent toujours et sont ironiquement baptisées kimono keisatsu, littéralement “police du kimono”. En d’autres termes, elles sont agents de contrôle de l’art de porter le kimono. Elles sont partout. Dès qu’elles croisent une fille en kimono, elles font des remarques sur tout, de la matière du tissu jusqu’au maquillage sans oublier la couleur du obi. Certes, les kimono keisatsu transmettent leur savoir-faire à la génération suivante, mais leur comportement empêche les jeunes de s’exprimer librement et de démocratiser son usage. Nous sommes sans doute dans une période de transition qui nous oblige de réfléchir à la valeur de la tradition et de l’histoire face au changement et à l’avenir. Quelle sera la réponse de nos dames japonaises ? Et la vôtre sur le projet de reconstruction de Notre Dame de Paris ? Koga Ritsuko

    Nihongothèque 90

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