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    Accueil » Actu » Sotsugyô
    Culture

    Sotsugyô

    Par KOGA Ritsuko09/07/2021
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    Parution dans le n°112 (juillet-août 2021)

    Il existe des mots japonais pour lesquels j’ai du mal à trouver ses équivalents en français. Le terme sotsugyô en fait partie. Grammaticalement, sotsugyô lui seul est un substantif qui se transforme en verbe lorsqu’on lui ajoute le suffixe suru (faire) : sotsugyô suru. Le dictionnaire franco-japonais indique comme signification : “terminer ses études“, “sortir de l’école” ou encore “être diplômé”. C’est exact. Or sotsugyô résonne autrement à mes oreilles et je pense que mes compatriotes ne diront pas le contraire. Composée de deux idéogrammes, sotsu signifiant “finir” et gyô voulant dire “les devoirs”, l’expression évoque une notion de “début d’une nouvelle vie”.
    Le mot a vu sa signification être étendue dans les années 1980. Akimoto Yasushi, le fameux producteur du groupe d’idoles AKB 48, a alors exploité le sens positif de sotsugyô en l’employant dans sa communication au moment où les membres d’Onyanko kurabu [Club des chatons], le groupe de jeunes filles emblématique de l’époque, avaient cessé leurs activités. Depuis, l’expression a gagné en popularité et on en a fait un usage pour le moins abusif. Aujourd’hui, lors que l’on cesse une activité pour une bonne raison, de l’abandon d’Instagram à l’arrêt de la conduite automobile, on peut l’associer au terme sotsugyô. De plus, puisque le verbe rend positives toutes les fins, on peut aussi en profiter pour masquer le côté défavorable. Si les divorcés affirment leur sotsugyô du mariage, la mort est pour certaines le sotsugyô de la vie. Si c’est comme ça, je peux dire que j’ai fait mon sotsugyô d’une salle de sport après trois mois pour une inscription annuelle de 1 000 €, et de deux autres moins chères sans jamais y aller. Je mérite vraiment le sotsugyô d’avoir eu l’idée de faire du sport ! En utilisant le mot sotsugyô, tout semble positif ! On peut se demander pourquoi on ne l’a pas utilisé pour les Jeux olympiques de Tôkyô, en déclarant que le Japon allait sotsugyô suru des JO maudits ! Ce serait d’autant plus facile que le champion de l’expression, Akimoto Yasushi, fait partie du comité d’organisation !

    Koga Ritsuko

    Nihongothèque 112

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