Panda Petit Panda est le fruit d’une collaboration avec Miyazaki Hayao. / © TMS All Rights Reserved La Maison de la culture du Japon à Paris rend hommage au travail et à l’œuvre du formidable Takahata Isao. Lorsqu’on interroge les Français sur le cinéma d’animation au Japon, la plupart d’entre eux pensent immédiatement à Miyazaki Hayao et au Studio Ghibli. Ils oublient de citer Takahata Isao qui a non seulement travaillé avec le créateur de Totoro, mais aussi participé à la fondation du fameux studio d’où sont sortis de nombreux chefs-d’œuvre animés. Ils ne sont pas les seuls à “oublier” Takahata, comme le rappelle Tanaka Kazuyoshi, commissaire de l’exposition Isao Takahata : Pionnier du dessin animé contemporain, de l’après-guerre au Studio Ghibli qui se tient à la Maison de la culture du Japon à Paris (MCJP) jusqu’au 24 janvier 2026. “Même les Japonais ont tendance à faire l’impasse sur lui”, regrette-t-il. Voilà pourquoi les premiers documents exposés ont pour objectif de rappeler le rôle clé que l’artiste a joué dans le développement du film d’animation dans l’archipel. Tout d’abord, il souligne l’importance de la relation entre Miyazaki et Takahata, en rappelant que le second a été le producteur du premier, quand celui-ci s’est lancé dans la réalisation de son second animé Nausicaä de la Vallée du Vent (Kaze no Tani no Naushika, 1984). Ensuite, il rappelle que c’est Takahata Isao qui, après avoir rédigé une note d’intention, a convaincu le créateur du manga Doraemon, Fujiko F. Fujio, d’en accepter l’adaptation animée, ouvrant ainsi la voie à l’un des plus grands succès populaires de l’animation au Japon. On découvre également le storyboard de Lupin III (Rupan Sansei), l’adaptation du célèbre manga signé Katô Kazuhiko à laquelle Takahata a contribué. Enfin, la médaille de l’ordre des Arts et des Lettres qui lui a été accordée en 2015 par le ministère français de la Culture figure dans cette première vitrine destinée à rappeler que de nombreuses œuvres importantes doivent beaucoup à son travail. Pompoko, œuvre engagée en faveur de l’écologie. / © 1994 Isao Takahata/Studio Ghibli, NH Ce n’est pas un hasard si la décoration française a été placée au début de l’exposition. En effet, le lien entre le créateur et la France est très fort. Il appartient à cette génération qui a été bercée par les productions cinématographiques françaises, et surtout par sa rencontre avec Le Roi et l’oiseau de Paul Grimault, sorti au Japon en 1956. Cette dernière est même déterminante car elle lui donne envie de se lancer dans la création de dessins animés. En 1959, il entre chez Tôei Animation, le principal studio dans ce domaine, avec la ferme intention de réaliser un jour son propre film. Rapidement, son sens artistique est remarqué et après plusieurs participations en tant qu’assistant-réalisateur, il se voit confier la direction de Horus, prince du soleil (Taiyô no ôji : Horusu no daibôken, 1968) sur lequel il travaille notamment avec Miyazaki Hayao. C’est le début...