
Le Japon fait escale à La Rochelle du 22 au 27 septembre 2026
Chaque année se tient à La Rochelle Grand Pavois, l’un des premiers salons français dédié au nautisme, grand rendez-vous de la plaisance à flot. Il met également à l’honneur un pays maritime invité. Après Madagascar, l’Afrique du Sud, le Japon a été retenu pour l’édition 2026. Sous un pavillon de 600 m², des stands présenteront dans un « village japonais » des aspects variés de l’archipel nippon : artisanat, gastronomie, arts traditionnels de l’ikebana à la céramique. Cette offre sera complétée par une exposition de kimono, un espace brocante présentant une multitude d’objets authentiques chinés au Japon et une exposition retraçant l’attachement des Japonais à la mer organisée par Yamaha Motor, société fidèle à cet événement nautique de La Rochelle.
Des démonstrations d’arts martiaux (aïkido, jujitsu…), des représentations musicales et en avant-première un spectacle théâtral autour de la personne de Yasuke, le samouraï noir, ainsi que des activités pour petits et grands sont programmés du mardi 22 au dimanche 27 septembre 2026.
En particulier, l’accent sera mis sur les régions maritimes du Japon et la ville de Toba sera présente afin de faire connaître plusieurs aspects de sa culture
Quelques questions à Pauline Casaux, représentante de la ville de Toba
Parlez-nous de Toba, la ville où vous avez habité pendant quatre ans.
Toba est une ville balnéaire située au centre du Japon, dans la région du Kansai. C’est une petite ville paisible qui vit principalement de la pêche et du tourisme.
Toba est une importante région ostréicole et c’est aussi dans cette ville qu’est née la perliculture, c’est-à-dire la technique permettant de cultiver des perles dans des huîtres perlières.
Son autre grande particularité est d’être la ville du Japon qui compte le plus de plongeuses et plongeurs ama encore en activité. Les ama pêchent en apnée des algues et des mollusques selon une pratique vieille de plus de 2 000 ans.
C’est une ville très proche de la nature, mais également riche d’une importante culture maritime.
Justement, qu’est-ce qui vous a marquée dans la culture maritime au Japon ?
Je me rappelle qu’avant de vivre au Japon, quand j’entendais les mots « pêche » et « pêcheur », je pensais toujours aux poissons. Or, au Japon, la pêche englobe un univers beaucoup plus vaste, qui comprend par exemple la culture des algues.
Il existe également de nombreuses fêtes et de nombreux rituels liés au shintoïsme et au bouddhisme. Je recommande en particulier le Musée de la mer de Toba, qui est consacré à la relation que les femmes et les hommes entretiennent avec la mer au Japon. Il y a énormément de choses à découvrir, que ce soit du côté de l’histoire, des techniques de pêche, de la religion, de l’écologie ou encore de la préservation du milieu marin.
Existe-t-il la même culture nautique au Japon ?
Il existe bien sûr au Japon des ports de plaisance et des marinas, mais je dirais que le nautisme y occupe une place beaucoup moins importante que ce que j’ai pu observer en France.
Il faut aussi rappeler qu’au Japon, historiquement, la mer est également associée au danger, notamment en raison des tsunamis. Par ailleurs, la société japonaise étant très centrée sur le travail, la pratique régulière de loisirs nautiques est peut-être moins ancrée dans les habitudes qu’en France.
Si je vous dis « Japon et mer », à quoi pensez-vous ? Pouvez-vous nous donner quelques exemples propres à la culture maritime japonaise ?
Lors des fêtes maritimes, on peut voir de grands drapeaux colorés appelés tairyōbata. Vous en verrez peut-être à la brocante de Koji Japon : ils sont magnifiques !
Il existe aussi des traditions beaucoup plus discrètes, comme les Funadama-san. Il s’agit de petits réceptacles contenant différents objets et talismans, dissimulés dans la structure du bateau et qui en représentent en quelque sorte l’âme du bateau.
La France, le Japon et la mer : quel lien faites-vous entre les deux pays ?
En soi, la mer relie toute l’humanité, mais il existe une histoire particulière de solidarité entre la France et le Japon, notamment dans le domaine ostréicole.
C’est une histoire difficile à résumer en quelques lignes, mais on peut rappeler qu’aujourd’hui, la grande majorité des huîtres élevées et consommées en France sont issues de l’huître japonaise. Son introduction en France est notamment liée à la coopération entre les deux pays après les graves crises qui ont touché l’ostréiculture française. C’est une histoire de solidarité qui se poursuit encore aujourd’hui.

Pauline CASAUX -Ville de Toba
Yvonne CHU-KIT – YCK Culture & Events
Pauline et Yvonne ont participé toutes les 2 au programme JET (Japan Exchange & Teaching)° en tant de Coordinatrice de Relations Internationales respectivement à Toba et à Wakayama.
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